CHAPITRE VE
Situation du parti royal, du parti de la Lique, du parti espagnol. La France menacée d'une totale subversion et de la perte de son indépendance. Le roi recourt au dernier moyen qui lui reste de conjurer ce danger. (Mai-décembre 1392; janvier 1595.)
Progrès du Tiers-parti après le mauvais succès du siége de Rouen. Election prochaine d’an roi dans le parti de la Ligue. Extrême danger de la France d’après tous les hommes d’État contempprains : l’élection et la guerre civile ranimée doivent la livrer à Philippe Il. Henri ayant épuisé tous les moyens de la force et de la guerre seule, pour délivrer le royaume, recourt pour le pacifier aux négociations avec les chefs de la Ligue, aux concessions avec ses peuples, et n’emploie plus les moyens de la guerre que comme secondaires. — Le roi essaie d'amener Mayenne et les chefs de la Ligue à faire la paix. Les chefs de la Ligue exigent la persécution religieuse, et le démembrement féodal de la France. — Henri s’adresse aux peuples de la Ligue. Etat des partis dans la Ligue : dispositions des Parisiens, — Première promesse d’abjuration faite par le roi; l’expédient (juin 1592). Nouvelles mesures coercitives prises en même temps contre les villes de la Ligue, et particulièrement contre Paris. — La bourgeoisie de Paris résout de faire la paix et de reconnaître le roi : elle y travaiile activement. — Assemblées dans les quartiers des Politiques anciens et nouveaux, — Résolutions des Ligueurs français, nommés dès lors Sémonneux. — Assemblées des Sémonneux. Ambassade du roi au pape. Arrêt du Parlement de Paris: les bourgeois demandent une assemblée générale à l’Hôtel-de-ville. Retour de Mayenne à Paris. Nouvelles assemblées des quartiers de Paris : résolution de la Cour des Comptes. Résistance de Mayenne. Décision de l'assemblée générale à l'Hôtel-de-ville : députation envoyée au roi et négociations ouvertes avec lui, — Arrêt du Parlement de Châlons contre la tenue des États de la Ligue dans laquelle doit se faire l’élection d’un roi, et contre le légat : cet acte est soutenu par les succès des lieutenants de Henri dans les provinces, Divers projets de convocation des États-généraux de la Ligue : dessein du due de Parme. Convocation des Etats de la Ligue à Paris, et entrée en France de l'avant-garde de l’armée espagnole destinée à tirer de ces Etats un vote qui défère la couronne à la fille de Philippe II (20 novembre) : impuissance actuelle de Mayenne à empêcher ce résultat: mort du duc de Parme, événement capital dans la circonstance. — Mesures adoptées par Mayenne pour relever son parti : sa Déclaration. La Ligue française persiste dans l’idée de faire la paix avec le roi, et le Parlement de Paris donne le 22 décembre un arrêt qui prohibe l’élection d’un roi par les Etats de la Ligue. Sentiments de réprobation contre les Etats de la Ligue : dans les provinces, les grandes villes inclinent comme Paris vers la paix. Ceux des seigneurs royaux qui sont restés fidéles à la cause de Henri et à celle de la France, adressent aux chefs de la Ligue la proposition de tenir une conférence pour la réconciliation du parti royal et de la Ligue, et pour