LIV. II. CH. VI. RESULTATS QUE DOIT AVOIR L'ABJURATION
des catholiques royaux et des Politiques dans le parti de Henri. Les ligueurs français, ruinés par la guerre, las de l'anarchie et du despotisme de leurs chefs, détestant et redoutant la domination étrangère, soupiraient après le rétablissement de l'autorité royale qui devait les délivrer de tous ces maux : séparés de Henri par la seule barrière de la religion, ils n’attendaient que le moment où 1l se ferait catholique pour lui porter avec effusion leur obéis-— sancé. Dans les deux partis, les lumières supérieures des Politiques adoptaient également la souveraineté d’un prince dissident et d’un prince orthodoxe. Enfin, parmi les catholiques royaux, la conversion du roi coupait dans leur racine mème le Tiers-parti, les intrigues des princes du sang, des seigneurs ambitieux , des catholiques zélés. Car qui pouvait songer au jeune cardinal de Bourbon, ou au comte de Soissons, dès qu'ils n'auraient plus sur Henri l'unique avantage du catholicisme? Or, ces trois partis, les catholiques royaux, les Politiques, les ligueurs franais, formaient de beaucoup la majorité nationale, et, dans un mouvement général, comme il était arrivé lors de la révolte de la Ligue, comme 1l arrive toujours en France, ils devaient entrainer tous les autres.
Les dispositions des Parisiens étaient pour le roi un puissant encouragement à entrer dans les voies de la conciliation. Nous avons vu, dès la fin de l’année 1591, la moitié de la Ligue francaise, dont le principal représentant était Daubray, passer aux Politiques !. Durant les premiers mois de 1592, la défection fit des progrès, et s’organisa en parti armé d’abord pour la défense des intérêts sociaux et nationaux, mais bientôt après pour le triomphe de la causé du roi. Les Seize, privés de leurs chefs, mais épargnés en masse par Mayenne, avaient renoué presque aussitôt leurs relations avec les Espagnols
1 Voyez ci-dessus, p. 297, 298,