ASSEMBLÉES DES BOURGEOIS. ARRÊT DU PARLEMENT DE CHALONS
» sans laquelle l’on ne pouvoit plus subsister en attendant » sa venue, ce que le duc fut contraint d’agréer contre » son intérêt et son intention ‘. » En effet, des négociations s’ouvrirent avec le roi, que la Ligue française avait dù jusqu'alors, en sa qualité d’hérétique, combattre à outrance sous peine de sacrilège : la barrière entre lui et Le peuple était renversée ; un premier pas, et un pas immense, était fait vers la paix, qui devait détruire la heutenancegénérale et la puissance usurpée de Mayenne.
Quelques jours après, le Parlement royaliste et politique de Chälons rendit un arrèt conservateur des droits et de l’autorité de Henri, seconda les dispositions de la bourgeoisie de Paris, et augmenta les chances de salut du pays. L'arrêt du Parlement de Châlons rendu le 18 novembre portait, que les rebelles, après avoir tenté d’usurper la couronne par une guerre qui avait couvert la France de sang et de ruines et y avait introduit l'Espagnol, s’efforçaient maintenant d'obtenir, par l'élection d’un roi, ce que les armes et la victoire n'avaient pu leur donner; que leur entreprise, contraire à la loi de Dieu, aux principes de la primitive Église, aux libertés de PÉetise gallicane, devait amener la ruine de l’État par la Go de la loi fondamentale relative à la succession, en armant à tout jamais la moitié de la nation contre l’autre ; qu'ils soutenaient et autorisaient l'élection projetée et l’usurpation qui devait la suivre d’une bulle du pape et des pouvoirs ou facultés du légat. En conséquence, le Parlement donnait un ajournement personnel contre le légat, et déclarait criminels de lèse-majesté tous ceux qui assisteraient aux États de Paris ?.
1 Thuanus, 1. cut. Dans la traduction t. xt, p. 509. — Lestoile, p. 96 B, 97 À, 99 À et 93 A; Supplém., p. 102 À, B, pour le texte de la décision de la Sorbonne. — Mémoires de Marillac, t. x1, p. 547 B. — Mémoires de la Ligue, t. v, p. 175. — Mémoires de Cheverny, t. x, p. 519 A. — P. Matthieu, Hist. de Henri IV, L 1, p. 111-116.
2 Mémoires de la Ligue, t. v, p. 176-178. — P. Cayet, 1. 1v, p. 406-