LIV. II. CH. VI. LE LÉGAT, LA SORBONNE. NOUVELLES
lement, le 27 octobre, les facultés du légat, qui comprenaient précisément l'élection d’un roi catholique. Les prédicateurs tonnèrent dans toutes les chaires contre les Politiques etles Sémonneux. Aux fêtes de la Toussaint, Boucher et Cueilly les excommunièrent et les privèrent des sacrements dans leurs paroisses : les Seize les insultèrent et les menacèrent partout. La Sorbonne déclara que toute proposition tendant à traiter avec le Béarnais et à le presser d’embrasser le catholicisme était inepte, séditieuse et impie (3 novembre).
Cette croisade contre Henri et contre la paix n’intimida ni n’arrêta les bourgeois. Ils firent deux assemblées générales à l’'Hôtel-de-ville, le 31 octobre et le 4 novembre, dans lesquelles furent agitées les deux propositions : 1° de traiter avec le roi de Navarre de la paix pour obtenir le commerce et le trafic Hbres, et rendre ainsi les vivres et les denrées au peuple « tant atténué et nécessi- » teux qu’il n’en pouvoit plus; » 2° d'inviter Henri à se faire catholique pour mettre fin aux troubles. Mayenne survint pendant la délibération du 4 novembre. Il annonça que Paris ne pouvait traiter avec Henri sans les autres villes de la Ligue, sans les princes lorrains et les seigneurs de l’Union ; que les États-généraux qui allaient prochainement s’assembler décideraient de tous les grands intérèts du parti et de la France : il ajouta qu'il traiterait en ennemi quiconque proposerait désormais d'entrer en accommodement avec le roi de Navarre, de l’inviter ou de le sommer de se faire catholique. A ce mot, l’assemblée se leva et se rompit, estimant sa liberté opprimée par ce langage. La bourgeoisie suivit son dessein avec une fer— meté inébranlable. Une nouvelle assemblée se réunit le 6 novembre, et, malgré la présence de Mayenne, elle décida qu’une députation serait envoyée au roi « pour ob- » tenir la Liberté du commerce et du trafic en ce royaume,