LIV. II. CH. VI. RÉPULSION POUR LES ETATS DE LA LIGUE
»,ment d'un prince catholique francois, suivant les lois » du royaume; lesquels mots de déclaration et establisse- » ment renversoient tous les desseins d'élection et de » nouveauté !. » En premier lieu, L'ÉRReS était ainsi donnée au roi d’Espagne , à sa fille, à Mayenne et à tous les princes lorrains, puisque les États devaient se conformer aux lois du royaume et à la succession héréditaire. En second lieu, Henri devait être reconnu pour roi à l’exclusion des autres membres de sa famille et des princes du Tiers-parti, dès qu'il deviendrait catholique par l’abjuration. Cet arrèt si important, qui maintenait inébranlables les résolutions prises par la bourgeoisie à l’'Hôtel-de-ville, a été ignoré de tous les historiens modernes : c’est la préface et l’explication du mémorable arrêt du 28 juin 1593.
Mayenne avait fixé d’abord l’ouverture des États de la Ligue au 20 décembre 1592 : à cette date, un petit nr seulement de députés étant rendus à Paris, il remit successivement les États au 17, puis au 25 janvier 1593. Tandis que les députés arrivaient isolément et lentement, les sentiments de réprobation qu’inspirait cette assemblée éclatèrent à Paris et dans les provinces. Parmi les bourgeois, les uns ne considéraient et ne se rappelaient qu’une chose, c’est que Mayenne et Les princes lorrains avaient introduit les Espagnols sur quatre points du territoire, et leurs garnisons dans nos villes, dans Paris même : ils voyaient en outre entrer aux États des députés, «lesquels estoient pour la plus part factieux, néces- » siteux, ennemis du repos public, affamez du bien d’au- » truy, eslus et venus exprès pour favoriser les desseins » des Espagnols ?. » Aux yeux de ces bourgeoïs, qui s’ar-
1 Mémoires de Marillac, t. XI, p. 545 B, 546 À. — Pièces à la suite des Etats de 1593 dans les Documents inédits, p. 744. 2 Le ligueur Villeroy, Apol. et disc., t. xI, p. 203 B.