ARRÊT DU PARLEMENT DE PARIS DU 22 DÉCEMBRE
d’entre eux aux États qui allaient s'ouvrir, et à prendre avec eux des mesures en commun pour sauver l'État et la religion. Ce manifeste, émis le 24 décembre 1592, fut enregistré au Parlement et publié le 5 janvier 1593.
A grande adresse de Mayenne, comme le remarquent les contemporains, consistait en ce qu'il ouvrait une combinaison dans laquelle la paix, si ardemment désirée par la Ligue française, pouvait être obtenue sans traiter avec le roi, et en s'adressant aux seigneurs de son parti. La question de la paix étant dégagée de celle de la soumission envers Henri, il restait que la croyance de ce prince, suivant la déclaration, menacait le catholicisme, et Mayenne appelait la Ligue française à défendre la reli g1on, sans s’exposer à périr n1 à subir la domination espagnole. Le lieutenant-général espérait, de plus, qu’au milieu des négociations quis’ouvriraient nécessairement, il attirerait à lui le Tiers-parti et les catholiques royaux, et réduirait ainsi Henri aux dernières extrémités !.
Ce dermier assaut, livré par Mayenne à la conscience et aux convictions des catholiques des deux partis, troubla un moment les esprits, mais ne put les égarer. On ne tarda pas à reconnaître que la paix avec le roi était le seul moyen sûr de mettre fin aux calamités et aux dansers de la France, et que hors de là on ne trouvait que périlleuses incertitudes. La Ligue française et les catho— liques royaux agirent en conséquence. À la fin de Parrêt du 22 décembre, qui cassait celui de Châlons, les membres du Parlement de Paris insérèrent cette clause mémorable : « Que les États-généraux estoient convoqués uni- » quement pour procéder à la déclaration et establisse—
1 Pour ces trois paragraphes, Lestoile, p. 105 À, B, 109 B, 113 B. — Mémoires de Marillac, t. x1, p. 545 A, B. 547 B. — Déclaration de Mayenne dans les anciennes lois françaises, t. XV,p. 44-51. — Mémoires de Cheverny, t. x, p. 518 B, 520 B.