‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 368 sur 636 · LES ROYAUX PROPOSENT UNE CONFÉRENCE POUR AVISER A LA PAIX · texte numérisé non relu

LES ROYAUX PROPOSENT UNE CONFÉRENCE POUR AVISER A LA PAIX

Henri avait à fortifier ces salutaires dispositions, et à dissiper les derniers scrupules que le manifeste de Mayenne et l’exhortation du légat avaient pu laisser chez un certain nombre de ligueurs honnêtes, mais timorés. Il avait aussi à raffermir les catholiques royaux et à contenir le Tiers-parti. Il le fit par deux actes, correspondant et satisfaisant aux deux grandes passions de la majorité nationale, soit higueuse, soit royale, l’ardeur du catholicisme, le désir de la paix. Avec son autorisation et sa

» ment ce que vous avez dans le cœur. Et s’il n’y a rien que de ca- » tholique, prononcez librement , au nom de Dieu, avec le reste des » catholiques, que vous ne désirez rien tant que de vous voir tous » réunis sous l’obéissance d’un roi, de nom et d'effet très-chrétien et » catholique. » C'était, après tant d’autres actes, l'exclusion la plus formelle donnée à Henri, et la provocation à l'élection d’un autre prince pour roi. Du Vair, au nom de la classe des Ligueurs français qu'il représentait, s’opposa aux conclusions du légat par un écrit qu’on trouve dans ses œuvres, p. 618-658, in-folio, et qui est intitulé : Réponse d’un bourgeois de Paris à un écrit fait contre le roy Henri IV par le cardinal Séga. — Sur les dispositions du petit commerce et de la partie honnête du peuple de Paris, voyez Lestoile, Regist. journ., p. 113 À. « En ce mois de janvier fust fouetté, à la porte de Paris, » un porteur de sablon, pour avoir chassé son asne aux Estats et s’en » être mocqué. Et en mesme temps eust le fouet au Chastelet, sous la » custode, le serviteur de Baudoin le meusnier, pour s’estre pareille- » ment mocqué desdits Estats et du duc de Mayenne, ayant dict tout » haut, parlant à son asne et frappant dessus : Allons, Gros-Jean, » allons aux Estats. Sur quoy fust rencontré à Paris le quatrain sui- » vant :

» Hay, mon asne, qu’on te meine

» Aux Estats de Monsieur du Maine,

» Afin que tu sois de plein vol,

» Fait de François un Hespagnol. »

La Satire Ménippée, en s’appropriant ce fait, page 2%, a dans cette circonstance, comme dans toutes les autres, fait un emprunt à l'histoire. — Pour ce qui regarde le curé de Saint-Eustache et ses 16,000 paroissiens, consultez d’Aubigné, L. 111, ©. 18, t. ut, p. 275. — Pour ce qui concerne les provinces et les grandes villes de la Ligue, voyez de Thou, I. cv, 8 18, t. v, p. 234 : « Qui extra urbem erant, palam deri- » debant. » — Sully, Œcon. royal., c. 37 et 41, p. 107 A, 118 A. — Lestoile, à la date du 22 et du 24 janvier 1593, avant l'ouverture des États de la Ligue, p. 111 À, B.

396 LIV. Il. CH. VI. DÉCLARATION DU ROI DU 29 JANVIER 15983.

permission formellement exprimées, les princes, prélats, officiers de la couronne et principaux seigneurs de son parti adressèrent le 27 janvier, aux chefs de la Ligue, une proposition solennelle ayant pour but d'opérer une réconcihation entre les deux partis, et de préparer une paix qui devait suivre immédiatement. Le moyen offert était une conférence entre les deux partis. Ils établissaient que la paix était le seul moyen de sauver non-seulement les particuliers et l’État, mais la religion même, dont les ministres et les temples périssaient chaque jour au milieu des fureurs prolongées de la guerre civile. [ls protestaient devant Dieu et devant les hommes que si la voie de la réconciliation était rejetée, la responsabilité des maux résultant de ce refus pèserait sur ceux qui préféreraient les expédients propres à servir leur ambition personnelle au salut du royaume et à l’honneur de Dieu. La proposition des seigneurs était la réponse directe à l’invitation que leur as Mayenne dans son manifeste, de prendre part aux délibérations qui allaient s'ouvrir à Paris sur les destinées de la France : sans mettre le pied dans les Etats, ils résolvaient par avance et selon le vœu de la nation la question capitale, en offrant la paix.

Le 29 janvier, deux jours après la proposition des seisneurs royaux, Henri publia une déclaration qui n’était pas moins explicite, qui n’allait pas moins directement au but. Il ôtait, pour ce qui le concernait, tout prétexte de guerre, en offrant de réaliser, par les moyens les plus prompts, de promesses d’abjuration et de conversion qu'il avait mises en avant dès la précédente année. « Pour » changer nostre religion, disait-il, nous n’avons pas » pensé faillir de désirer la convocation d’un concile, » comme nous l’imputent les rebelles. Toutefois s’il se » trouve quelque autre meilleur et plus prompt moyen, » pour parvenir à ladite instruction, tant s’en faut que

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