XLIV PRÉFACE
1610, il réunit dans une coalition contre elle vingt peuples appartenant aux couronnes du Nord, à l'Allemagne, à l’Angleterre, à la Hollande, à la Suisse, à l’Italie, dont il s'était ménagé successivement l'alliance, par des négociations conduites depuis lan 1600 avec une persévérance et une habileté infinies, avec l’aide de diplomates dont le nombre et les talents ne souflraient aucune comparaison avec ceux que la France avait eus jusqu'alors. Il attaquait la maison d'Autriche avec quatre armées françaises et cent un mille soldats, qui entraient en ligne le premier jour dela guerre, et avec les contingents proportionnés de chacun des peuples entrés dans la coalition. Il atiaquait dans le moment unique et irretrouvable d’une guerre civile qui armait les uns contre les autres les princes de la branche allemande; de l'expulsion des Morisques, qui affaiblissait et bouleversait l'Espagne ; de la profonde incapacité des souverains qui régissaient alors les deux monarchies. La mort de Henri IV arrêta l'effet de ses admirabies caleuls, de ses grands desseins. Mais ils ne pouvaient pas plus périr que ne périrent les projets de la maison d'Autriche; que ne cessèrent les dangers de la moitié de l’Europe, menacée quelques années plus tard, par Ferdinand IT, dans son indépendance et sa liberté religieuse: Gustave-Adolphe, Richelieu, le grand Condé, le traité de Westphalie, le traité des Pyrénées, l'ouverture de la succession d'Espagne, firent ce que Henri IV et Sully espéraient accomplir en trois ans, en payant la France de ses sacrifices par l'extension de son territoire jusqu’à ses limites naturelles des Pyrénées et du Rhin, et en lui assurant la prédominance dans l’Europe protégée par elle.
Résumons ce qui vient d'être dit; réunissons et groupons ce qui vient d’être exposé sur ce gouvernement, et voici ce que nous trouverons pour résultat. Dans les matières de droit international, de droit public, de politique et de religion : l'équilibre européen, la liberté de conscience, les libertés gallicanes et l’harmonie des rapports entre la société civile et la société religieuse; les libertés politiques dans leur essence et sous la forme qu’elles-comportaient alors, en attendant qu'elles en prissent une autre ; la liberté de penser et de s’adresser à l’opinion publique par impression, telles furent les