XLVI PRÉFACE
annales d’une nation civilisée, et qui a joint l'application à la théorie, l'exemple au précepte, a dit d'une manière excellente : €. L° tire des arts est peut-être la plus utile de toutes , quand » elle joint, à la connaissance de l'invention et du progres des » arts, la description de leur mécanisme.» Nous n’examinerons pas ici tous les arts utiles qui, sous Henri IV, prirent d'immenses développements, ou qui furent cultivés che nous pour la première fois ; le livre se chargera de ce som. Maïs par deux exemples seulement, empruntés à ce qui concerne l’industrie et les travaux publics rapportés au commerce, nous mon- {rerons combien il était nécessaire de satisfaire aux conditions imposées par l’homme de génie que nous venons de citer.
On ouvre une histoire de France, ei l’on y trouve que l’industrie des soieries en France remonte à Louis XI. On en consulte une autre, et on lit qu’elle fut introduite dans le royaume par François fer, Une troisième enfin aflirme qu’elle fut fondée par Henri IV ; et à l'appui de toutes ces assertions, on apporte des textes insuffisants ou mal compris. À quoi s'arrêtera le lecteur au milieu de ces contradictions, au . milieu de ces faits que l’on n’a pas pris la peine d'expliquer et de mettre d'accord entre eux ? Dans quelle incertitude. n'est-il pas jeté ? On passe des soieries et de l’industrie à ce qui inté-. resse au plus haut degré le commerce, aux voies de commu nication par eau, aux Canaux, aux lignes de petite et de grande navigation intérieure. Là, pas d’incertitudes : la date exacte, ou à peu près exacte, de lexécution de ces travaux est fournie; mais on tombe dans une obscurité profonde, résultant d’un exposé où l’on trouve partout des effets sans cause. En effet, les fleuves n’ont pu être joints entre eux qu'après la découverte d'un système particulier de canaux, des canaux 4 point de partage, système qui permettait de les faire communiquer entre eux, sans couper la chaîne de montagnes qui les séparait, et sans se jeter dans des travaux sans fin, dans des dépenses fabuleuses. Et une preuve qu’il en est ainsi, c’est que, même après l'invention des écluses à sas, dans les cent années qui ont suivi cette découver te, aucun peuplé n’est parvenu à faire communiquer entre eux do fleuves, deux cours d’eau coulant dans des bassins différents. Or dual celte découverte