L'INFANTÉ ET L’ARCHIDUC ERNEST ; NOUVELLE OPPOSITION
échouerait quand il prétendrait mettre sur le trône sa fille et l’un des princes de sa maison, à l'exclusion des princes français, Devenu, au mois de juin, l’ennemi de Mayenne, qu'il servait au mois d'avril, ilinvectivait en chaire contre le lieutenant-général, demandait qu’on changeât le Parlement et les officiers de tous états, allait en son nom et au nom d'une partie du clergé sommer Mayenne de donner un roi à la Ligue (9 juin). Mais il se gardait bien d'indiquer Philippe If, l’Infante sa fille, ou seule, ou avec un prince de la maison d'Autriche : 1l désignait le jeune duc de Guise !. Boucher suivait la mème ligne de conduite politique que Rose.
Les agents espagnols ne tinrent pas compte de cette répugnance pour eux, que ressentaient même plusieurs des plus fougueux Ligueurs. Le 11 juin, les États décidèrent qu'avant de répondre à la demande de Philippe réclamant le trône pour l’Infante, ils sommeraient ses ministres de déclarer si l'intention de leur maître était de marier sa fille à un prince francais. Les Espagnols osèrent bien gourmander les États, au sujet de leurs scrupules pour de maintien de leur ni Salique en ce qui concernait Fexclusion des femmes, et leur reprocher leurs répugnances pour l’Infante. Ils proposèrent ensuite la seule combinaison que Philippe püt accepter à défaut de la première : c'était de déclarer roi l’archiduc Ernest, frère de l’empereur, prince de la maison d'Autriche, et de le
1 États de 1593, p. 3, 461. — Lestoile, p. 442, 143: « Le curé de » Saint-Germain... dit qu’il estoit bien adverti qu'on n’auroit ni paix ni » treufve; et que M. le légat lui avoit dit... Le conseil de tuer le roy » avoit esté tenu sur le curé de Saint-Jacques ; et en mist-on deux en » besongne, qui devoient partir le jeudi de la Pentecoste pour essayer » à faire le coup. » — « 9 juin. Boucher là-dessus va trouver le due » de Mayenne pour lui demander un roy, et le supplier de trouver » bon que ce soit le duc de Guise, et qu’il estoit chargé de la part des » ecclesiastiques de luy, porter cette parole. Ce mesme jour les Seize » s'assemblèrent l'après- dîinée. »