IMMÉDIATE , LE CHOIX DU PRINCE AJOURNÉ. CORRUPTION TENTÉE
et la possibilité pour l’Infante de partager le trône. Entrés à la solde de l'Espagne, depuis la distribution des deniers faite le 22 juin, ils y restèrent jusqu’à la fin de la session des États, mais sans abandonner le soutien des prétentions de Mayenne, c’est-à-dire le partagé de la couronne pour son fils, et la lieutenance générale pour lui-même. On essaya d’abord de sauver leur misérable honneur en publiant que l'argent sortait des mains de Mayenne; mais on découvrit bientôt la véritable provenance, et personne ne put plus la révoquer en doute, quand quelques députés restés purs et dignes, tels que Thielement et Du Vair, eurent envoyé publiquement la part qui leur revenait à l'Hôtel-Dieu de Paris pour nourrir les pauvres !. L'éclat vint donc s'ajouter à la honte de l’action. Les États, déjà décrédités par leur composition, par leur petit noire par leur patience à recevoir les propositions des Espa— gnols, par leur intention d'admettre l’Infante au partage de la souveraineté nationale, tombèrent dès lors dans le plus profond mépris. Cette disposition des esprits aida merveilleusement les Ligueurs français dans le combat qu'ils livrèrent quelques jours plus tard au vote des États, au principe de l’élection et de l’usurpation.
L'élection donnait des chances à la royauté du fils de Mayenne et à la prolongation indéfinie de sa lieutenancegénérale : Mayenne voulait donc que l’on travaillât le plus promptement possible à appliquer le principe de l’élection. Il voulait également faire la part dans l'élection à Philippe et à sa fille, pour avoir l’appui du roi catholique au lieu de son hostilité; mais il entendait ne pas se laisser duper par lui. Dans cette double disposition, il renvoya la troisième proposition des Espagnols à l’exa— men du conseil d'État et des commissaires des États, sous sa présidence. Elle fut examinée dans les Ftérences qui
1 Registre du Tiers, p. 271, 8 3, 275.