LIV. III. CH. II. L'ÉLECTION AJOURNÉE PAR LES ÉTATS
curation tous leurs pouvoirs à des représentants qui se rendront en Espagne; Philippe leur désignera surle-champ parmi les princes français celui qu'il voudra choisir pour le mari de l’Infante; le mariage sera conclu; les représentants déclareront alors, mais alors seulement, le prince choisi et l’Infante rois en commun. Par ces précautions, Mayenne et ses conseillers échappaient au danser d’être trompés par les Espagnols, puisque l’Infante n'’arrivait au trône qu’au moment où le prince français y montait lui-même. Les ministres espagnols ne rougirent pas de repousser cette offre, et par leur refus dévoilèrent leur insigne mauvaise foi et la fourberie de leur maitre. Mayenne assembla les États le lendemain 27 juin, et usant de l’ascendant qu'il avait sur eux, il leur fit adopter en principe la décision déjà prise par les commissaires et par le conseil d’État, à savoir que l'élection et le mariage seraient ajournés GIE ce que l’on füt tombé d'accord des conditions avec les ministres du roi d’Espagne. Bien que la décision n’ait été signifiée par écrit aux Espagnols que cinq Jours pus tard, l'as des États lui fut acquis dès le 27 juin!,
La question de l’élection et de la royauté nouvelle n’était ajournée que par la querelle entre Philippe IF, qui voulait tout avoir par force ou par ruse, et Mayenne, qui prétendait partager avec lui. Aussitôt qu ils se seraient mis d'accord, la question devait être reprise, et les États procéder à l'élection, dans l'esprit du vote du 20 juin, et avec ses incalculables conséquences. L'élection était fa vorisée par la présence des quatre mille Espagnols, qui continuaient à tenir garnison dans Paris; par l’appui des Seize, qui avaient cessé d’être pouvoir politique, mais
1 Villeroy, Apol. et disc., t. x1, p. 206 B. — Opinion de la Chastre, Appendice vu aux Etats, p. 732-734. — Registre du Tiers, p. 294, 295, 301, 302; du clergé, p. 541-544; de la noblesse, p. 636.