‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 434 sur 636 · L'AJOURNEMENT N’EST QUE TEMPORAIRE. DANGERS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

L'AJOURNEMENT N’EST QUE TEMPORAIRE. DANGERS DE LA FRANCE

qui restaient nombreux et redoutables ; par l'autorité du lieutenant-général Mayenne. Avec un roi élu par les États, et soutenu par une sorte de légalité attachée à leur vote, la Ligue aurait un chef plus be et plus obéi, une unité et une force de commandement dont elle avait manqué jusqu'alors. Si le roi d'Espagne accédait enfin à la nouvelle combinaison, 1l devait prodiguer ses forces pour consolider le trône de sa fille. En ce moment, il est vrai, l'épuisement du roi catholique était extrême, puisqu'il ne disposait que d’une seule armée, et si faible, qu’elle ne pouvait tenir la campagne en France; mais il était facile de prévoir que, dans un laps de temps donné, le souverain d’une si vaste monarchie retrouverait quelque part de l'argent et des troupes. Les dangers dans lesquels il jeta la France de 1595 à 1597, après que Henri eut détruit la Ligue et l’eut ralliée à lui, montrent ce qu'il eùt pu faire, à la fin de 1593 et en 1594, avec -un roi élu et la Ligue encore debout. Ces périls, si grands qu'ils fussent, n'étaient pas les seuls à beaucoup près dont Henri fut assailli. [l courait risque de voir une portion des catholiques royaux l’abandonner, le Tiers-parti continuant activement ses intelligences et ses négociations avec les chefs de la Ligue. La lettre des députés royaux à la Conférence de Surène expose une partie de cette situation sitendue, si alarmante ; la correspondance de Henri IV avec ses alliés d’ Allemagne et de Hollande à la date du 20 juin,

dévoile lereste. « je roi d'Espagne, dit-il, continuant tou- » Jours ses pratiques et desseins, a pu faire tenir une » forme d’États dans Paris, pour faire procéder à l’élection » de sa fille ou de quelque prince qui fût à sa disposition. » Ce que j'ai jugé st perricieux pour le bien de mon » État et de ceux qui sont conjoints en ma cause, que » Jai estimé à propos de convoquer une notable assem- » blée. Je ne doute pas que la suite des affaires et les ef-

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