‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 438 sur 636 · SON ATTITUDE ET SES ACTES EN JUIN · texte numérisé non relu

SON ATTITUDE ET SES ACTES EN JUIN

les veaux tels que lui !. Ces violences, ces sanguinaires menaces prouvaient combien le peuple entier avait déposé tout respect pour les hommes qu’il avait vénérés si longtemps; avec quelle force 1l se retournait maintenant contre ceux auxquels 1l avait aveuglément obéi; quel appui la Ligue française pouvait, à un jour donné, trouver dans son redoutable concours. Les événements qui suivirent aJoutèrent encore à son irritation contre Mayenne, et contre tous les meneurs nationaux et étrangers de la Ligue. Le duc, hostile à la paix, se prêtait à la trève pour deux raisons. Il ne pouvait n1 rassembler lui-même une armée, n1 en obtenir une en ce moment du roi d’Espagne. En second lieu, 1l voulait calmer le peuple et la bourgeoisie, qu'il voyait passionnés pour un accommodement. Il favorisa donc la proposition de la trève dans les Chambres de la noblesse et du Tiers, qui la votèrent. Mais sur le rejet de la Chambre du clergé et sur l’opposition du légat, 1l fit déclarer par le nt d'État qu'il y avait lieu d' ajourner la trève (14, 15 juin). Déjà en guerre

avec Philippe IX, il ne voulait pas se donner encore pour ennemis une ds Chambres des États, le clergé, le légat. D’unepart, il espéra que le peuple se CR à l’idée

» peschoient que l’on ne fist la trève ou la paix, et causoient par ce » moyen la ruyne du peuple. » — M. de Sismondi, Hist. des Français, t. XXI, p. 127, prétend que les bouchers de Paris étaient de forcenés ligueurs et de grands partisans de Philippe IT. D’après le propos et la menace contre le légat que nous rappelons dans le texte, d’après les injures que le prédicateur Boucher prodigue aux bouchers (Lestoile, p. 144 B, 146 A), on voit que les bouchers étaient, au contraire, de terribles politiques et ligueurs français. Nous avons eu occasion précédemment de signaler l’erreur répétée vingt fois dans une moderne histoire de la Ligue et du règne de Henri IV, où l’on affirme que le peuple des halles devait être rangé dans la classe des exaltés ligueurs, tandis qu’en réalité le peuple des halles et leur curé étaient Politiques et prononcés pour le roi. Dans les histoires modernes de Henri IV et de son règne, les erreurs et les omissions fourmillent, et s'étendent, comme on le voit, aux moindres détails.

LA

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