‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 437 sur 636 · LIV. 11. CH. II. EFFORTS DE LA LIGUE FRANÇAISE DEPUIS LE 27 MAI · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. II. EFFORTS DE LA LIGUE FRANÇAISE DEPUIS LE 27 MAI

mière députation de cent vingt bourgeois, le prévôt des marchands en tête, se rendit chez le gouverneur de Paris, le pria de les introduire auprès du dne de Mayenne, et de les mettre en demeure de [ui demander la paix, ajoutant que leur requête serait signée au besoin par dix mille bourgeois (27 mai). Le lendemain, les colonels Passart et Marchand parlèrent de faire des barricades. Quatre jours plus tard, une cochée de prédicateurs opposés à la paix, parmi lesquels on remarquait Boucher, traversant le pont Notre-Dame, furent accueillis par les insultes et les huées du peuple. Bientôt les citoyens sans distinction de classe crièrent tout haut dans les rues qu'il fallaittuer ou noyer les évêques députés aux États, tous les prètres qui empèchaient que l’on fit la trève ou la paix, et qui causaient ainsi la ruine du peuple (11, 13 juin). Ces manifestations ayant effrayé Mayenne, et l'ayant contraint à porter la proposition de la trève au conseil d État et aux États-généraux, pour tromper et calmer le peuple par le faux semblant d'intentions pacifiques, le légat résolut de la traverser de tout son pouvoir dans les Chambres. Mais les dangers de cette démarche étaient tels qu'il se retira au monastère de St-Martin-des-Champs, le remplit de soldats et le convertit en citadelle : n’osant traverser la ville pour se rendre aux États, il leur fit connaître ses intentions par une lettre qu’il leur adressa. Les bouchers disaient que s’il s’'avisait de s'opposer à la trève, ils savaient bien comment il fallait mettre la main au sang et écorcher

1 Lestoile, Regist. journ. de Henri IV, p.136 A, 137 A, 138 A, 144 À, B. — Registre du clergé pour le 11 juin, p. 506, 507. « Les députez » des trois ordres ont charge de remonstrer à M. de Mayenne que » nos évesques et autres personnes ecclésiastiques s’estoient plaints » en cette assemblée que quelques personnes leur avoient usé de pa- » roles fort insolentes et de menaces, et estoient advertis de plusieurs » endroits que l’on faisoit le semblable à plusieurs autres, avec propos » fort scandaleux qu'il falloit tuer ou noyer tous les prestres qui em-

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