‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 44 sur 636 · XLVII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLVII PRÉFACE

livré à l’industrie et au commerce, trouveront dans cet ouvrage des détails qui se rattachent aux études et aux travaux qui.ont rempli leur vie.

Au commencement de l’année 1853, nous avions entièrement achevé la partie politique et la partie économique de cette histoire 1. Nous y avions ajouté même un aperçu de l’état moral et intellectuel de la société sous le règne de Henri IV; mais nous n'avions donné à cet essai que des développements restreints. Quelques-uns de nos amis nous pressèrent de combattre, autant qu'il était en nous, la disposition de notre temps à délaisser les préoccupations littéraires et philosophiques pour les pensées et les goûts d’une civilisation quelque peu matérielle ; les travaux purs de lesprit pour les applications utiles; ce qui s'adresse à l’âme pour ce qui touche aux calculs et aux intérêts. Ils nous imvitèrent à ne pas constituer, par les proportions mêmes données à notre travail, les choses de la théorie et de l'imagination dans un état d’infériorité à l’égard de ce qui avait été accompli de merveilleux en économie politique sous Le règne de Henri IV. Presque en même temps, une éloquente réclamation de M. Mignet en faveur des principes et des tendances spiritualistes nous décida à céder à leur avis ?. Bien que l’étendue et les difficultés de ce travail aient dépassé nos premières prévisions, nous l’aurons embrassé avec plaisir, s’il peut, dans

1 À cette époque nous comptions publier très prochainement notre ouvrage. Dans son numéro du 11 janvier 1853, le Journal des Débats voulut bien publier un fragment étendu de ‘notre travail, et M. Saint- Marc Girardin exprimer son opinion favorable sur ce morceau. Dès lors aussi nous avons fait usage d’une partie de nos recherches, et annoncé les autres, dans la nouvelle édition du Précis de l’histoire de France pendant les temps modernes.

? Voici le beau passage de M. Mignet, auquel nous faisons allusion : « Là où il n'y.a pas de philosophie, la civilisation dépérit, et l’huma- » nité s’affaisse. Il ne faut pas même supposer que ‘le mouvement de » la science puisse de beaucoup survivre à l’ardeur de la pensée. La » pensée est la sève qui vivifie le grand arbre de l'esprit humain. Nous » touchons à l’un de ces moments où l'humanité énervée n'aspire » qu'à se reposer et à jouir, où la science surtout, passant des théo- » ries aux applications, s'expose à perdre sa force inventive, en lais- » sant éteindre le souffle spirituel qui la lui avait donnée.

Page 1