EFFORTS DU ROI PAR LES SUCCES A LA GUERRE
Les Politiques et la Ligue française avaient fait leur devoir, en prenant cette hostile attitude à l’égard de Mayenne, du légat, des Espagnols, et en préparant tout pour leur livrer bientôt un combat à outrance. Le roi, de son côté, devait se ménager à la guerre des avantages décisifs sur ses ennemis, avant que Philippe fût sorti de ses embarras et de son épuisement : 1l devait se servir des succès mêmes obtenus par ses armes pour communiquer une nouvelle force et une nouvelle assurance à ses partisans dans Paris et dans les grandes villes de la Ligue. Henri ne laissa pas échapper cette occasion favorable, mais fugitive, ce moment qu'il fallait saisir au passage, sous peine de le perdre sans retour.
Pendant que Philippe et Mayenne en étaient tous deux aux expédients, Henri avait eu l’habileté de se procurer chez l'étranger l'argent qu'il ne trouvait plus dans son royaume, et de se donner ce nerf de la guerre, ce principe de tous les succès : seul des trois compétiteurs à la couronne, 1l conservait une armée capable de tenir la campagne sur le théâtre des événements. Au mois d’avril précédent, 1l avait conclu avec le duc de Toscane un emprunt qui lui assurait la solde de cinq mille Suisses, pour un an, et deux cent mille écus comptants pour payer ses soldats français : à ces troupes régulières il joignit bon nombre de volontaires de la noblesse avec les détachements qu'ils lui amenèrent, et il se vit alors à la tête de forces considérables!. Il disposait de ces ressources au p. 627, 629. — Manuscrit T!, cité en note aux pages 269, 270, des Etats-sénéraux de 1593. — Lestoile, p. 144-146. — Legrain, décade, 1. v, p. 253. Il rapporte Les vers qui couraient au palais contre le légat :
Le légat fait guerre à la trève, La trève fait guerre au légat :
Si l’on coupait sa teste en Grève
Ce seroit un beau coup d’Estat.
1 Lettres missives, t. 111, p. 764. — Lettre au grand-duc de Toscane, du 26 avril 1593. «Il (Gondy) vous dira que me faisant ce plaisir de