LIV. 111. CH. III. LES VILLES LIGUEUSES RESSERRÉES ÉTROITEMENT
mois de juin, et il en fit l’usage le plus intelligent et le plus décisif, dès qu’il eut recu, le 3 juin, la réponse des Etats qui repoussaient ses propositions de conversion et de trève. Son plan fut de resserrer partout les grandes villes de la Ligue, et de leur faire essuyer les rigneurs de la guerre d’une manière plus sensible et plus poignante. Il avait déjà intercepté toutes les provisions que le cours de la Marne apportait à Paris, en bâtissant le fort de Gournay. Le 8 juin, il commença le siége de Dreux, ville du pays chartrain, alors d’une extrème importance, comme étant l’entrepôt principal des vivres que Paris pouvaït encore recevoir du côté du midi. Il étendit en même temps aux provinces ces moyens de coereition. Il ordonna à Longueville et à Bouillon de rassembler un corps d’armée en Thiérache pour presser les ligueurs de Picardie, en même temps que pour faire tête aux Espagnols s'ils tentaient de rentrer en France. Il fit commencer par ses lieutenants le blocus de Poitiers. Cependant continuant de joindre la conciliation à la force, et de tendre les bras à son peuple, il confirmait l'engagement d’abjurer, et offrait incessamment une trève générale par l’intermédiaire de ses députés à la conférence de Surène !. Après avoir poussé les travaux du siége de Dreux avecune telle ardeur, qu’en une circonstance il passa deux jours et
» m'accommoder de deux cent mille escus comptant, oultre la levée et » entretenement des dicts Suisses... Par ce moyen, je pourray réduire » la ville de Paris en si brief temps qu’en aurez grand contentement, » comme plus particulièrement vous apprendrez du sieur de Gondy. »
1 Pour Dreux et les villes de Picardie, Lettres miss. au duc de Nevers, en date du 9 juin; au duc d’Epernon, en date du 10 juin, t: 111, p. 793, 794, 801. — Pour Poitiers, Lettre de Duplessis à Buzenval, du 18 juin, t. v, p. 460. «Nous sommes venus à bloquer Poitiers. » — Lettre miss. à la date du 25 juin, où est relaté un échec essuyé par le ligueur Brissac, t 111, p. 809. — Pour l'engagement d’abjurer prochainement, Lettres missives au marquis de Pisany, à Benoist, curé de Saint-Eustache, à d'Epernon, des 9 et 10 juin, t. 111, p. 788-792, 798, 800, 801.