‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 452 sur 636 · LIV. I. CH. III. GRANDS EFFETS PRODUITS PAR L'ARRÊT · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. III. GRANDS EFFETS PRODUITS PAR L'ARRÊT

terons pas à cette supposition qui ne soutient pas un moment d'examen sérieux, et nous rechercherons quels fu— rent les effets de l'arrêt, comment il affecta les partis et la situation. Pour les Politiques de Paris, auxquels s’é— taient ralliées récemment toutes les nuances de la Ligue francaise, ce fut le passage des résolutions aux actes, la première attaque contre les prétendants espagnols et lor— rains, le point de départ de la reconnaissance du roi. Pour les Politiques des provinces, ce fut un manifeste qui leur traçait la conduite à tenir, et un signe de ralliement. Aussitôt après l'arrêt, le ligueur français Vitry se retira dans son gouvernement de Meaux, commenca son traité de réduction au service du roi, et fut bientôt suivi de plusieurs autres, parmi lesquels il faut signaler La Chastre ‘. Ainsi, dans un moment où les esprits étaient troublés, les consciences et les résolutions incertaines, le Parlement traça à la Ligue française ce qu’elle avait à ‘faire, lui donna pour règle de conduite politique un arrêt qui avait alors force de loi, et opposa cette loi comme barrière aux efforts de l’usurpation qu'elle démasqua et déconcerta. Le Parlement rendit ainsi un immense service au pays. « Cette action, dit Villeroy, fut d’au- » tant plus louée que le péril était plus pressant : cer- » tainement elle servit grandement, et 1l faut que je dise » l'affront qu’il disoit lui avoir esté faict, de donner tel arrest et de » telle conséquence, sans luy en avoir auparavant communiqué » — M. de Sismondi, t. xx1, p. 196, et plusieurs historiens modernes, sont tombés dans l'erreur que nous venons de réfuter, en suivant le témoignage d’un historien étranger médiocrement informé des affaires de notre pays, et celui d’un historien français qui ne donne que comme une conjecture l'accord de Mayenne et du Parlement dans l'arrêt du 28 juin. Le témoignage du dernier a d’ailleurs mille fois moins de poids que celui de Villeroy, de Cheverny et de Sully réunis.

1 Mém. de Marillae, t. xr, p. 544 B,. 545: « Cest arrest estant considéré » donna grand estonnement à tous ceux de la faction, voyant cette

» compagnie opposée à leur dessein, et croyant que les Français se » rangeroient fort volontiers à son opinion (du Parlement). »

Page 1