MAYENNE N'OSE ROMPRE L ARRÊT. ERREURS SUR L'ARRÊT
Parlement était menacé. Il y avait donc chance que le mouvement bourgeois emportät du même coup l'autorité du lieutenant-général, les restes de la puissance des Seize, la domination des Espagnols, après l'expulsion ou le massacre (le leur garnison. Mayenne n’affronta pas ce danger, et n’osa toucher n1 au Parlement ni à son arrêt !. On lit dans quelques histoires que Mayenne s'était concerté avec le Parlement pour lui faire rendre l'arrêt du 28 juin et traverser les desseins des Espagnols. Il n’y aurait quelque vraisemblance dans cette supposition que si l'arrêt n'avait pas en même temps confondu tous les projets de Mayenne. Cette assertion est réfutée par les faits mêmes que nous avons exposés, et par le témoignage unanime des hommes d'État des deux partis : Villeroy, le chancelier Cheverny, Sully déposent, chacun de leur côté, que Mayenne, complétement étranger à l'arrêt, l’accueillit avec étonnement et colère ?. Nous ne nous arrè-
1 Pour ces deux paragraphes voyez : Extrait des registres du Parlement et délibération du Parlement sur les remontrances dans l'ap- -pendice aux Etats de 1593, n° 8 p. 740-750. — Mém. de Marillac, t. x1, p. 543 B, 544. — Lestoile, sous les dates des 28, 29 juin et 1e juillet, p. 150 À, Bet 155 A. — Lettre de Henri IV, du 2 juillet, dans les Lettres missives, t. III, p. 849.
2 Villeroy, Apol. et Disc., t. x1, p. 208 A et B. «Les Espagnols creu- » rent que le duc de Mayenne avoit poussé le Parlement à donner leur » arrest; mais cela n’estoit point, car la dicte cour avoit pris ce conseil » d’elle-mesme, meue de son honneur et devoir. Il apparut aussi par » l'accueil que receut M. le président Lemaistre et ceux qui l’assistoient » du duc de Mayenne, quand il luy porta le diet arrest et fit la remons- » trance de la cour qu'il n’y avoit consenti et s’entendoit très-mal avec » icelle.» — Sully, Œcon. roy., c. 41, p. 118 À. «Les peuples ont pris la » hardiesse d'approuver en quelque sorte l’arrest que les gens du Parle- » ment restans à Paris se sont hasardés de donner pour la conservation » de la royauté en la maison royale, duquel M. du Maine s’est tant » trrité. » — Mémoires du chancelier Cheverny, t. x, p. 523, 524, collect. Michaud. « Ceux du parlement demeurez à Paris... se resoleurent pru- » demment par é#sptration divine de s'opposer avec courage à ceste » entreprise... Après la remonstrance faicte par le dit président, le dit » sieur du Mayne, pour response, se plaignit grandement à eux de