LIV. HT. CH. HIT. NOUVEAU PACTE DE MAYENNE AVEC LES ESPAGNOLS
quelque temps par le roi d'Espagne; de procéder à Pélection d’un roi catholique dès que les circonstances le permettraient, et à cet effet d'assurer la continuation des États-généraux. I] était dit que le nouveau pacte avait pour but de défendre la religion et d’extirper l’hérésie, grand prétexte dont on continuait jusqu’au bout à couvrir toutes les ambitions et à légitimer toutes les fureurs".
Mayenne parvint à Joindre le pape au roi catholique : il attira le Saint-Siége dans la coalition par une concession Inouie, dans une matière soumise depuis plusieurs mois à la discussion des États-généraux. Dès le 8 mars, la Chambre du clergé, dont les sentiments hostiles à la société politique et civile du pays étaient encore animés par les suggestions du légat et du cardinal Pelevé, avait annoncé au Tiers-état la résolution qu'elle avait prise d'accorder la réception en France du concile de Trente. Le Tiers résolut de soumettre la question à une sérieuse délibération avant de se décider. [avocat du roi, d’Orléans, quoique zélé ligueur, fit aussitôt des réserves en faveur des droits de la couronne, des franchises et libertés de l'Eglise gallicane, et s’en référa aux mémoires et instructions laissés par Cappel, son prédécesseur. Une commission, à la tête de laquelle se trouvaient d'Orléans et Lemaistre, fut nommée pour examiner de nouveau les dispositions du concile et en faire un rapport à la Chambre (10 mars). Un mois plus tard, le travail fut terminé et présenté aux députés du Tiers par Lemaistre et Du Vair (9 avril). Les commissaires concluaiént à la non-acceptation et publication du concile dans le royaume, parce qu'il contenait vingt-trois articles contraires à l’autorité de la
1 Lettre de Mayenne au roi d'Espagne, dans Cayet, L. V, p. 493 A. — Villeroy, Apol. et Disc., t. xI, p. 212, 213. — Lestoile, Suppl, p. 172 A, B. — Sully, Œcon. roy., ©. 43, t. 1, p. 124 : il traite ce serment d’exécrable.