LA TRÈVE EST VOTÉE PAR LA NOBLESSE ET LE TIERS
seul. Cette opinion l’emporta dans la Chambre du Tiers et dans celle de la noblesse, et il fut décidé que les États resteraient et délibéreraient à Paris. Le 24, ils agitèerent la question de la trève : la Noblesse et le Tiers la réso- Jurent affirmativement, toujours en contradiction avec la Chambre du clergé qui s’y opposa mais en vain. En conséquence de ce vote, et quelques jours plus tard, Mayenne | conclut ja trève pour trois mois avec Henri le 31 juillet, et la fit publier à Paris, le 1° août.
Ce traité n’était pour Mayenne qu’un répit et un expédient : tout accommodement sérieux avec Henri et le parti royal, toute mesure propre à donner la paix au pays, étaient à mille lieues de sa pensée. La veille même du jour où il se faisait autoriser par les Chambres à traiter avec le roi, 1l concluait contre le roi un nouveau pacte avec les Espagnols, et préparait le renouvellement de la guerre civile. Il avait amené les ministres espagnols, battus quatre fois par lui dans la poursuite de la couronne, à ajourner leurs différends avec lui sur ce point, pour s’associer à ses complots contre Henri, et pour arrèter les progrès de ce prince, leur commun ennemi. Le 23 juillet, ils se promirent et jurèrent sur l’hostie, la croix et l'Evangile, en présence et avec le concours du légat, de ne pas faire actuellement de royauté catholique, et de la différer à un temps plus opportun; de maintenir inviolablement la Ligue et ce qui était contenu sous ce nom, et de ne s’en départir jamais pour aucune cause; de ne jamais consentir de paix avec le roi de Navarre, quelque acte de catholicisme qu'ilfit; de lever une forte armée, composée de milices francaises et de quatorze mille Espagnols, laquelle serait soudoyée pendant
1 Registre du Tiers, p. 313-319, 326-331. — Manuscrit T cité dans le registre du Tiers, à la note de la page 316. — Registre de la Noblesse, p. 640-642. — Lestoile, p. 159 B. — P. Cayet, L. V, p. 498-500.