LIV. IN. CH. II. IL PROROGE LES ETATS LE 8 AOUT
» qu’enfants bâtards de la servante : ceux de la Ligue » sont les vrais enfants légitimes, les vrais arcs-boutants, » et même, les vrais piliers de la religion catholique !. » Sur cette déclaration, Mayenne put s’applaudir de ses ruses et de ses complaisances pour le Saint-Siége. Dans la faveur du pape, il balançait au moins Philrppe IT : il n’avait plus à craindre que , dans une circonstance donnée et décisive, le pontife prononçât contre lui pour les Espagnols. Il n'avait pas non plus à redouter qu'il se laissât fléchir et qu’il mollit en faveur de Henri, tout le temps du moins que la Ligue partagerait encore la France et tiendrait la fortune incertaine.
Il ne restait plus à Mayenne, pour satisfaire à ses derniers engagements avec les ministres de Philippe IE et à sa propre ambition, qu’à tenir les États de la Ligue prêts à s’assembler, dat le cas où l’occasion Ru. de l’élection d’un roi catholique viendrait à se présenter, mais en plaçant les députés hors de la portée et de l'influence des Espagnols. Sa politique cauteleuse résolut ce problème. Dès le 17 juillet, au temps où il était le plus sé— rieusement question de la royauté de l’Infante et du duc de Guise , 1l avait autorisé, si ce n’est provoqué, le départ de Delavau-Rabutin, président de la Chambre de la noblesse. Chaque jour il se faisait presser par les trois Chambres de leur accorder leur congé après une session de sept mois, avec menace de le jet e, s’il ne le leur accordait pas. Le 2 août, 1l fut décidé que. les États se
raient non pas dissous, mais prorogés; qu'un député de chaque ordre et de chaque province resterait, à Paris au près de Mayenne, lequel pourvoirait à leurs besoins; que les députés qui obtiendraient un congé s’engageraient à revenir à Paris au moment de l'expiration de
1 Discours de ce que fit M: de Nevers, dans ses Mémoires, t. II, p. #14, in-folio.