SERMENT QU'IL TIRE DES DÉPUTÉS AVANT LEUR DÉPART
la trève. Le 8 août, Mayenne leur fit prêter un serment qui contenait, outre la promesse du retour, l'engagement de demeurer unis pour la défense de la religion, de ne rien consentir à l’avantage de l’hérésie, d’obéir aux décrets et ordonnances du Saint-Siége en ce qui concernerait la religion : ce serment fut suivi de l'acceptation solennelle du concile de Trente. Le lendemain, les députés quittèrent Paris pour retourner dans leurs provinces, à l'exception de ceux qui étaient convenus de demeurer auprès de 1 Mayenne, et de rester comme pierre d'attente pour la réunion d’une nouvelle assemblée complète des États-généraux !.
Re tandis que Mayenne traitait avec Henri d’une trève dont il avait besoin, 1l formait en même temps une nouvelle alliance contre ce prince avec les Espagnols et le pape. De plus, il maintenait la Ligue par le serment qu’il tirait des États, et dans la personne de leurs représentants il obligeait É provinces à combattre comme hérétique le roi qui venait d’abjurer, tant que le pape n’aurait pas approuvé sa conversion, car le serment prêté par les États avait réellement ce sens et cette portée : or Mayenne et Philippe Il tenaient enchainée la volonté du pape. Telles étaient les conséquences des derniers actes
et des dernières intrigues de Mayenne. Quant au résultat général de la campagne politique qu’il achevait en ce moment, 1l semblait l'avoir rendu pleinement favorable à ses intérêts. En effet, il gardait la lieutenance-générale, c’est-à-dire la souveraineté de la moitié de la France : 1l avait prouvé dans une longue session des États-généraux que ni l'Espagne n1 aucun aulre parti ne pouvait la lui ravir, sans lui offrir en échange la royauté au moins
1 Registre du Tiers, p. 309, 310, 312, 319, 342-346; regist. de la Noblesse, p. 639, 643-645, 648. — Mémoires de la Ligue, t. v, p 409-419, — Lestoile, Suppl., p. 172, 173. — P. Cayet, 1. v, p. 500 B, 501, 502.