RÉSISTANCE AUX ENNEMIS DES HUGUENOTS ET A L'ARISTOCRATIE
exclusivement aux catholiques : renouvelant une dernière fois un ancien projet, ils tentèrent encore de lui arracher l'hérédité de leurs gouvernements (16-21 juillet). Par la prudence de sa conduite, il échappa à leurs demandes et à leurs poursuites sans les jeter dans une rupture !. I obtint d'eux un délai : dans l'intervalle , il sut gagner la masse de la nation, et quand il l’eut pour lui, il l’opposa victorieusement aux ennemis de la Réforme et à l’aristocratie.
À l'égard du Tiers-parti, comme à l’égard de la Ligue espagnole et guisarde , comme à l’égard de l'Espagne, il avait résisté, 11 avait remis et attendu, quand céder était une faiblesse déshonorante. Mais il comprit que sous peine de jeter le pays dans d’incalculables dangers, ildevait prévenir le moment où ses ennemis auraient composé leurs différends, se seraient mis d’accord, auraient combiné et rapproché leurs forces, pour procéder à l’élection d’un roi. Ne pas être en mesure avant ce temps, - était exposer la France à périr. Le plus opposé des huguenots à l’abjuration du roi, d’Aubigné, est contraint par la force des choses de le reconnaitre, quand 1l dit à ce prince dans le discours qu'il lui adresse pour le dissuader de changer de religion : « Qu’il lui valloit mieux » estre rot dans un coin de la France en servant Dieu, » que de régner précairement, ayant sur sa tête les pieds » et la domination du pape ?. » Régner dans un coin de la France, n’était pas le moyen de la sauver du joug de
1 Villeroy, Apol. et dise , t. xt, p. 207 A, B.— Thuanus, L. Cvit, S 3, t..V, D. 283. — D’Aubigné, 1. 1x, c. 22, t. 111, p. 291, 292. Lestoile, p.164 A. — Lettre de Duplessis à Labarthe, 29 juillet 1593, t. v, p.500, 501. « J'ai lettres du 16 et du 21 de la cour... On pressoit le roy d’ex- » clure ceulx de la religion de toutes les charges et honneurs : nul » ne s'y opposoit. J’aurois à vous dire un autre monopole là-dessus, » qui a esté découvert par Sa Majesté, de rendre tous les gouvernements
» héréditaires : ce sera pour le faire mourir trois jours après. » 2 D’Aubigné, Hist. univ., t. li, L. 111, ©. 22, p. 292.