‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 485 sur 636 · MOBILES DU CLERGÉ LIGUEUR · texte numérisé non relu

MOBILES DU CLERGÉ LIGUEUR

que bien que la publication par voie d'impression n’ait eu lieu que dans les premiers mois de l’année 1594, la publication restreinte, par la voie des manuscrits, exerça une influence marquée sur les esprits et sur la situation dès le milieu de l’année 1593 !. On a dit avec raison que cette satire ne fut guère moins utile à Henri IV que la bataille d'Ivry. Cest un nouveau service d’un nouveau genre que le parti Politique rendit au rot et à la France.

Les Seize, le clergé affilié à leur faction et à la Ligue espagnole, suivaient avec attention et inquiétude les dispositions qui se manifestaient de toutes parts, et ils en prévoyaient les conséquences. La victoire du parti royal leur présageait la punition de leurs excès et de leurs erimes : la royauté de l’Infante et du duc de Guise, dont ils continuaient à poursuivre l’établissement, leur Et tait, outre l’impunité, la garantie de ce qu’ils avaient arraché au public et aux particuliers, l'espoir d’obtenir ce qu'ils ambitionnaient. Boucher, par exemple, dont il va être question, voulait sauver les deux pensions qu’il s’était fait donner sur les évêchés de Fréjus et de Beauvais, et après avoir demandé imutilement cinq ou six évèchés, en obtenir un enfin *. Aussi durant la trêve, les Seize et le clergé ligueur firent-ils d’incroyables efforts contre le roi, recourant à la fois aux moyens de la persuasion et aux crimes. Boucher s'étant emparé de la chaire de Saint-— Merri, en l'absence du curé royaliste de Morenne, y prè-

1 Thuanus, 1. cv, S 18, p. 234, 935. — Voyez dans le dernier volume de notre histoire le chapitre de la littérature.

? Thuanus, I. cv, $ 10, t. v, p. 296. — Lestoile, p. 69, 179, 220, 224. — Recueil des choses mémorables, arrivées depuis 1547 jusqu’en 1589, feuillet 277. — Dialogue du Manant et du Maheustre, à la suite de la Ménippée, t. 111, p. 476. « Boucher a-t-il pas demandé cinq et six » eveschez, et enfin a-t-il pas impetré pension sur celui de Beauvais, » comme auparavant sur celui de Fréjus... Tous les chefs tant ecclé- » siastiques que laiz de vostre party crèvent d’ambition et regorgent » de larcins. »

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