LIV. IV. CH. I. LA SATIRE MÉNIPPÉE
religieuse à la raison et au sentiment des dangers publics. D'Aubigné dit avec justesse et profondeur : «Si le fer bien mis en besogne a la première gloire de la décadence d’un parti et de l’é éévaton d’un autre, de l'entière victoire et de l’établissement de la paix, le ot honneur est aux plumes bien taillées qui ont mené les esprits aux pensées, aux connaissances, aux affections partisanes, et enfin aux choix qui ont ue ou diminué les partis, soit en nombre, soit en ardeur !.
De tous ces écrits, le plus te est la Satire Ménippeée, immortel pamphlet qui couvrit la Ligue de ridicule et d’odieux à la fois. C'était plus de la moitié de ce qui était nécessaire pour faire un tort irréparable à la Ligue, car en France un parti atteint par le ridicule est un parti à demi mort. Malgré les assertions contraires de plusieurs critiques modernes, 1l est certain que la première partie de la Ménippée, composée par Louis Leroï, « prêtre nor- » mand, homme de probité, ennemi des factions, et . » avoit été aumônier du jeune cardinal de Bourbon, fut publiée non-seulement dans le cours de l’année 1593. mais même peu de temps après l’ouverture des États de la Ligue. Tel est le témoignage du contemporain de Thou. La Ménippée, telle que nous la possédons aujourd’hui, se compose, outre la première partie, celle de Leroi, d’une seconde partie, la plus considérable de beaucoup, qui fut l’œuvre collective de Pierre Pithou, de Gillot, de Rapin, de FI. Chrétien, de Passerat. Nous établirons plus tard sur des preuves irrécusables, tirées du livre luimême, que cette seconde partie, moins quelques courts passages, ajoutés après coup, fut composée avant l’abjuration du roi, c’est-à-dire avant le 25 juillet 1593; qu’elle fut dès lors répandue par la voie des manuscrits multipliés, ainsi que beaucoup d’autres écrits de ce temps ;
1 D’Aubigné, t. nt,.l: 1, ©. 21, p. 286.