‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 487 sur 636 · ATTENTAT DE BARRIÈRE. PREMIÈRES DÉFECTIONS DANS LA LIGUE · texte numérisé non relu

ATTENTAT DE BARRIÈRE. PREMIÈRES DÉFECTIONS DANS LA LIGUE

capucin, deux prètres de Lyon disposaient l’aventurier Barrière à une première tentative d’assassinat contre Henri, et l’envoyaient à Paris. Le curé Aubry, et le recteur des Jésuites, Varade, l’affermirent dans sa résolution ; lui persuadèrent de tuer le roi d’un coup de couteau, en lui promettant le paradis et la félicité éternelle; puis l’acheminèrent à Melun, où Henri séjournait en ce moment. Barrière, pendant son séjour à Lyon, avait consulté le dominicain Bianchi, Le père ayant essayé, mais en vain , de le détourner de son entreprise, en avertit Le roi par le gentilhomme Brancaléon, qui partit en toute hâte pour Melun, et signala l'assassin. Barrière fut arrêté le 27 août à la porte de Melun, convaincu de son crime sur des preuves irrécusables et ses propres aveux, et livré quelques jours après au bourreau !. Le meurtre comme moyen politique ayant échoué, les événements furent rendus à leur cours naturel, et marchèrent rapidement. Les querelles des gouverneurs de l'Union entre eux et avec Philippe Il amentrent les premières défections dans la Ligue peu après la conversion du roi. Boisrozé crai-

1 Brief discours du procès ‘criminel fait à Barrière, et extrait des registres du parlement, dans les Archives curieuses, t. XIII, p. 366-368, 389, 390. On lit aux pages 367 à la fin, et 368 : « Ledit Barrière ayant » déclaré audit curé (Aubry) son intention et résolution qu'il avoit » de tuer le roy, ledit curé l’asseura que ce seroit bien fait, et gagne- » roit une grande gloire en paradis : cette parole le confirma et incita » fort à continuer sa résolution. Ledit curé lui dit qu’il falloit aller » vers un jésuite qu’il lui nomma lors (Varade), pour ladvertir de » cette volonté et résolution qu’il avoit de tuer le roy... L’ayant » trouvé, il lui découvrit sa mauvaise volonté et intention, que ledit » jésuite loua, lui disant que c’étoit une belle chose, avec autres » propos semblables; l’exhorta d’avoir bon courage, d’estre constant, » et qu’il se falloit bien confesser et faire ses pasques. Et après l'avoir » excité de continuer, et assuré qu'il gagneroit paradis, ledit jésuite » lui baïlla sa bénédiction, disant qu’il eust bon courage, qu’il priast » bien Dieu, et Dieu lassisteroit en son entreprise. » — Tout cela est confirmé par P. Cayet, 1. v, p. 505-507, par de Thou, 1. cvir, $& 138, t. v, p. 304 du texte, par Lestoile et son supplément, p. 170-174,

Page 1