LIV. IV. CH. I. BOISROZÉ ET BALAGNY. RÉVOLTE DE LYON
gnait de se voir enlever Fécamp et Lillebonne par Villars, gouverneur de Rouen : il fit sa soumission au roi, durant le séjour de ce prince à Saint-Denis, dans tes premiers jours d’août : il lui livra ses deux villes pour en garder le commandement !. Balagny avait usurpé la souveraineté de Cambrai après la mort du duc d'Anjou. Il se voyait à la fois menacé par le propriétaire légitime, et par Philippe IT qui convoitait Cambrai : il craignait d’être ou mal défendu ou même trahi par Mayenne. Au milieu de ces dangers, 1l chercha un protecteur dans Henri, le reconnut pour suzerain, et abandonna la Ligue, à laquelle il avait jusqu'alors adhéré, par le traité conclu avec le roi le 19 novembre 1593 2.
Le duc de Nemours, frère utérin du duc de Mayenne, et cependant son ennemi déclaré, depuis que le lieutenant général avait traversé ses prétentions à la couronne de France, projetait de séparer Lyon et le Lyonnais du corps de la monarchie, et de transformer son gouverne ment en une principauté indépendante ou même en un nouveau royaume de Bourgogne. Il avait aigri les habitants par son orgueil, ses violences, l'élévation et la rigueur des impôts, et il se préparait à établir son despotisme, en concentrant des troupes nombreuses à Lyon et en y bâtissant des citadelles. D’Espinac, archevèque de la ville, et l’un des deux agents principaux de Mayenne, retourna à Lyon après la prorogation des États de la Ligue, se mit en rapport avec la bourgeoisie et la souleva contre Nemours. Le 18 septembre, les habitants élevèrent des barricades ; le lendemain, ils firent prison-
1 Sully, Œcon. roy., €. 44, p. 195 À, 196 À. — Mém. de M"° Duplessis, t. 1, p. 263. — P. Cayet, 1. v, p. 524 A. « Le premier de » l'Union qui alla recognoistre le Roy dans Sainct-Denis, ce fut le » sieur de Boisrozé. » De Thou, I. vit, $ 12, t. v, p. 303, nous apprend que le roi ne séjourna à Saint-Denis que jusqu’au 20 août.
2 P. Cayet, I. v, p. 524 A. — Thuanus, I. ext, 8 6, t. v, p. 427, 428.