LIV. IV. CH. 1. MESURES RELIGIEUSES PRISES PAR LE ROI
ment de persévérer dans le catholicisme : 1l protestait qu'incorporé à l'Église, sa ferme intention était d’y demeurer toute sa vie, et de rendre l’obéissance due au pontife et au Saint-Siége. Il dépêcha à Clément VIII une députation d’ecclésiastiques chargée de justifier auprès de lui la procédure qui avait été suivie dans son instruction et son abjuration à Saint-Denis. Il lui envoya en ambassade le duc de Nevers, avec mission d'obtenir la ratification de l’absolution qu’on lui avait donnée, de s'acquitter envers lui de ses devoirs de fils aîné de l'Église, de solliciter et d'obtenir sa bénédiction. Le duc de Nevers échoua auprès du pape; mais la grande moitié de la Ligue demeura convaincue que Henri avait épuisé tous fe. MUMQUE d'arriver à une pleine réconciliation avec l'Église, et s’apprèta à agir en conséquence !, Sully a supérieurement indiqué cette double tendance des peuples à ne pas se rejeter dans la guerre civile, et à passer par dessus les ajournements de la cour de Rome, encore retenue par les intrigues des ennemis du roi. «Les peuples, » dit-il, qui n’entendent pas raillerie en matière d’aise » et de repos, et ont toujours en haine ceux qui les en » privent, et aiment tous ceux qui les leur procurent, » nonobstant les serments prêtés à Paris entre les mains » du légat du pape, de ne vous reconnoître Jamais pour » roy, quelque catholique que vous puissiez devenir. » les peuples, sitôt qu’ils entendirent votre changement » de religion, n’attendirent pas à vous reconnoître pour » roy qu'il fût venu du pape l’entière absolution *. » Cette disposition politique et religieuse des esprits dans les masses prépara, de la manière la plus active et la plus
1 Lettres Missiv., t. 1v, p. 10-12, 15, 17, 18, 53, 54. — Discours de la légation de M. Le duc de Nevers, dans ses Mémoires, t. 11, p. 437-490,
2 Sully, Œcon. roy., ch. 148, t. 1, p. 637 A. Nous ne changeons que l'orthographe.