UNE SECONDE DÉFECTION DANS LA LIGUE SE PRÉPARE
décisive, la soumission d’une notable partie du pays à la légitime domination du roi.
Les résolutions prises par plusieurs seigneurs durant la trêve, agirent également avec puissance sur les événements qui la suivirent, et ajoutèrent au mouvement de la défection. Les conférences pour la paix entre le roi et Mayenne continuèrent à Andrésy et à Milly, et la trève qui devait expirer à la fin d'octobre, fut prolongée le 13 octobre jusqu’à la fin du mois de décembre 1593. La plupart des seigneurs qui avaient été chefs de la Ligue, mais de la Ligue francaise, firent un puissant et loyal effort pour amener Mayenne à traiter avec le roi et à donner la paix à la France. Ces seigneurs n'étaient ni des héros de désintéressement, comme nous le verrons bientôt, n1 des martyrs prêts à donner leur vie pour la défense d’un principe. La crainte de se trouver dans un parti abandonné et vaincu, l'intérêt de leur fortune, de leur puissance, de l'avenir de leurs familles, entrèrent sans doute dans leurs résolutions. Mais ce ne furent pas les seuls mobiles auxquels ils obéirent. Ils aimaient assez leur pays, et ils l'avaient prouvé pendant la tenue des États, pour ne pas le rejeter dans le danger de perdre son indépendance, pour ne pas le ep dans les intolérables souffrances de la guerre civile. Ils avaient assez d'honneur pour ne pas composer avec le roi et sortir de la Ligue, avant d’avoir donné le temps à Mayenne d’obtenir pour lui-mème les plus honorables conditions. Ils n'épargnèrent done n1 avis m sollicitations pour l’amener à traiter en même temps qu'eux, tandis que la Ligue était encore debout. Au mois de novembre, Vitry lui déclara « qu'il ne pouvait plus le servir n1 suivre le parti
1 Villeroy, Apol. et Disc., t. x1, p. 211 B, 212, 216 B. — Lestoile et son suppl., p. 177 À, B. — Lettres de Henri IV à La Force, 6 octobre et 3 novembre. — Mém. de La Force, t. 1, p. 241, 242.