‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 498 sur 636 · PRÉPARATIFS MILITAIRES ET NÉGOCIATIONS DU ROI · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS MILITAIRES ET NÉGOCIATIONS DU ROI

remplie de reproches ‘. Cette altération de leurs anciens rapports, de leur précédente entente, n'avait pas duré. Le roi avait prouvé bientôt à Élisabeth qu’en se rappro— chant de Philippe IT par la religion, il en demeurait aussi éloigné que jamais par la politique, par ses sentiments pour les réformés, par la conduite qu’il entendait tenir à leur égard. Au mois d'août 1593, Henri et Élisabeth signèrent à Melun une convention aux termes de laquelle les deux souverains s’engageaient à ne traiter ni de paix. n1 d'aucun accord avec le roi d'Espagne, sans le consentement l’un de l’autre *. La convention ôtait au roi la liberté qu'il avait conservée jusqu'alors de terminer ses, différends avec le roi catholique, sans l’aveu de l’Angleterre, s’il y était convié par l’occasion favorable, ou contraint par la nécessité. L'engagement n’était pas conditionnel : 11 n’était subordonné à aucune ligue ou confédération entre les contractants : la convention ne fixait non plus aucune quantité de troupes n1 d'argent à fournir par Élisabeth. Mais en enchaïinant le roi aux déterminations de l'Angleterre, elle imposait en retour à la reine de graves devoirs à remplir envers son allié, et l'esprit du pacte était parfaitement défini peu après par les né gociateurs français, quand ils disaient à Élisabeth :

1 Camden, pars quarta, p. 611, édit. de 1695.

2 Camden, p. 612, an 1593. « Interea pactio fit inter reginam et » eum Meloduni mense augusto.» — Du Vair, Advis sur le fait de la présente négociation, dans ses Œuvres, Paris, $S. Cramoisy, 1641, in-folio, p. 4169. « Le roy et la reyne d’ Angleterre avoient, dès l'an » 4593, promis purement et simplement l'un à l’autre, par lettres-pa- » tentes signées et scellées de leur sceel, de ne point faire la paix, ny » d'accord avec le roy d'Espagne, sans le consentement l’un de l’autre. » Le roi recut la contre promesse d’Elisabeth au mois de mars 1594 (Lettres Missiv., t. IV, p. 126). Sans la connaissance de cette convention de 1593, l’on ne peut apprécier exactement les stipulations et les obligations plus ou moins étroites du traité subséquent de 1596, par lequel Henri et Elisabeth concluaient ensemble une ligue offensive ei défensive.

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