LIV. IV. CH. I. SECONDE DÉFECTION DANS LA LIGUE FRANÇAISE
à lur remettre cette ville. Le 24 décembre, veille de Noël, Vitry déclara qu’il ne pouvait plus combattre le roi depuis qu’il était devenu catholique, et qu’il avait acquis ainsi le seul titre à l’obéissance des Français qui lui manquàt encore. Les habitants de Meaux prirent le même parti que lui, et tous ensemble se soumirent à Henri. Le manifeste qu’ils répandirent, dans les premiers jours de janvier, pour expliquer leur conduite, fit sur les populations de la Ligue une impression plus forte encore que leur exemple. Le roi, de son côté, publia le 27 décembre une déclaration dans laquelle 1l comparait sa conduite à celle des ennemis, dénonçait leurs projets à la France, prouvait qu’on le contraignait à reprendre les armes, ouvrait enfin une nouvelle voie à la pacification, en offrant amnistie à ceux qui dans l’espace d’un mois abandonneraient le parti contraire !. Ces faits, qui se prètaient un mutuel appui, ajoutèrent à l’ébranlement général de la Ligue. * Pendant la trêve, le roi s'était mis en mesure de faire tête à ses ennemis, s’ils ne se prêtaient pas à un accommodement : quand elle expira, 1l avait tout préparé, au dedans et au dehors du royaume, pour reprendre avec avantage la guerre contre Mayenne et contre Philippe IF. Il tint sur pied les forces nationales : 1l ordonna une levée de 6,000 Suisses qui ne tardèrent pas à entrer dans le royaume ? : il chercha à tirer de ses alliés tous les renforts qu’ils pouvaient lui fournir. La reine d'Angleterre. avait vu avec chagrin et avec inquiétude abandonner la Réforme : elle lui avait écrit sur son abjuration une lettre
1 Lettres missiv., 5 janvier 1594, {. IV, p. 84. — Villeroy, Apol. et Dise., p. 219; 220. — P. Cayet, 1. v, p. 526-529. — Thuanus, IL. cVIN, &$ 40, 11. — Lestoile et son suppl., p. 185, 192. — Mémoires de la Ligue, t. vi, p. 14-95.
2 Davila, L x1V, t. 111, p. 470. — Lettres missiv., au 22 janvier 1594, L'ÉIVSD/187,