LIV. IV. CH. II. RÉSOLUTION DES PRINCIPAUX BOURGEOIS
qui ne vit que les Espagnols, entrés à Lyon sous prétexte de secourir les ligueurs, leurs alliés et leurs amis, s’em-— pareraient de leur ville !. Contre tous ces dangers ils ne trouvaient de recours et de protection que dans le parti du roi. Aussi les principaux d’entre eux résolurent de le rétablir et d’y attirer la masse de leurs concitoyens. L’entreprise présentait de graves difficultés, car leur archevéque et leur nouveau gouverneur d’Espinac était partisan zélé.de Mayenne; sept de leurs onze échevins étaient dévoués lesunsà Mayenne, lesautres aux Espagnols ; une partie du peuple restait engagée dans la Ligue. Le 5 février, à huit heures du soir, dans les assemblées de quartiers, ils résolurentde prendreles armes, d'appeler d’abord le peuple à se mettre en défense contre St-Sorlin et l'Espagnol, et de le conduire ensuite à reconnaître l'autorité de Henri. Ils s’assurèrent le concours de quatre de leurs échevins qui parlageaient leurs sentiments et leurs craintes patriotiques. Ils avertirent aussi de leur résolution le colonel Ornano qui faisait la guerre pour le roi dans le voisinage, réclamant son aide, celle de ses troupes régulières et de la noblesse du voisinage, non contre l’ennemi intérieur, contre les ligueurs de Lyon, qu’ils se chargeaientde combattre et de vaincre, mais contre les bandes de soldats que d’Espinac devait selon toute apparence appeler, que les Espagnols et les Savoyards pouvaient amener du dehors. QE
Le lundi 7 février, à quatre heures du matin, avant la
1 Lettre d'un bourgeois de Lyon sur la réduction de cette ville dans Lestoile p. 206. « Nous estions en terme et à la veille d’être Espagaols » et Savoyards... Sur ces termes, quelques bons serviteurs du roi post- » posans le danger de leurs personnes à la conservation de leur li- » berté, en une si grande nécessité ef péril si évident de voir leur » ville tomber en la domination et tyrannie de l’estranger, du consen- » tement de quatre eschevins, aussi serviteurs du roy, se resoleurent
» de prendre les armes, pour remettre la ville en l'obéissance de Sa » Majesté, »