LIV. IV. CH. III. SACRE DÜÙ ROI
la rupture de la trêve, ses garnisons avaient recommencé les ravages aux environs des villes restées ligueuses et notamment de Paris : ces villes souffraient de nouveau de l'interruption de leur commerce et de la faim. D'un autre côté, il se donnait successivement toutes les fractions de Ne que lui demandait l’opinion populaire. Auprès d’une par tie des masses, encore pleines des idées du moyen-àge , et ne séparant pas le temporel du spirituel, un prince qui n'avait Der la sanction de l’Église, qui n'était pas sacré, n'était pas roi. Henri se hâta de lever objection qu’elles faisaient à son pouvoir, de satisfaire à leur exigence. Reims étant encore au pouvoir des Ligueurs, le roi, autorisé par l’exemple de quelques-uns de ses prédécesseurs, se fit sacrer et couronner dans Chartres, par les mains de l’évêque de cette ville, avec la sainte ampoule de Saint-Martin, tirée de l’abbaye de Marmoutiers, près de Tours. À cette cérémonie assistè— rent trois princes du sang et trois ducs, tenant le lieu des six pairs laïques , et les évêques de Chartres, de Nantes, de Digne, de Maillezais, d'Orléans, d'Angers, représentant les pairs ecclésiastiques (27 février 1594). Le haut clergé, qui dès le principe s’était prononcé pour sa royauté, lui donnait encore la consécration, le dernier appui dont elle avait besoin f.
Tandis que Meaux, Aix, Lyon, Orléans, Bourges opéraient leur réduction, Paris préparait la sienne. A Paris, nous l’avons vu, la grande majorité avait accueilli avec enthousiasme le retour du roi à la religion de ses pères, et depuis sa conversion le nombre de ses partisans s’y augmentait chaque jour *. Les événements de la guerre,
! Lettre missive du 28 février, t. Iv, p. 100-101. « Geste action où le » peuple constitue beaucoup d’efficace. » P. Cayet, 1. vi, p. 539 A, 553-562. — Thuanus, 1. Cv, $ 18, p. 342-345. — Cheverny, Mém., t. x,
2 P. Cayet, 1. vi, p. 541 B. « Les Politiques qui multiplioient de jour