ARRÈT DU PARLEMENT CONTRE MAYENNE
Entre les trahisons des prétendus serviteurs du roi, et les fureurs des ligueurs lorrains et espagnols, le parti politique marcha droit à son but. Le Parlement essaya d’abord des moyens ouverts et de la franchise. C'était lui qui, au commencement de 1589, avait conféré pour moitié le pouvoir de lieutenant-général à Mayenne : en 1594, il tenta de le lui retirer par les moyens légaux et en vertu de ses propres attributs politiques, affermis et accrus chaque jour par les circonstances des quatre dernières années.
Le 12 janvier, le procureur-général Molé, dans une remontrance et harangue publique en pleine audience, réclama pour Henri l’obéissance qu'on ne pouvait plus lui refuser depuis qu’il s’était fait catholique, et le Parlement interpella le duc de Mayenne de reconnaitre le roi que Dieu et les lois avaient donné au royaume !, Le 14, il rendit un arrêt, et dressa par écrit des remontrances portant : « La Cour ayant vu le mépris que le duc de Mayenne a fait d’elle sur les remontrances qu’elle lui a faites, a ordonné mettre par écrit autres remontrances qui lui seraient envoyées par le procureur-général du roi pour y faire réponse, laquelle sera insérée aux registres de la Cour. Ladite cour, d’un commun accord, a protesté de s’opposer aux mauvais desseins de l'Espagnol, et de
1 Cheverny, Mémoires, p. 530 A, B. « Les corps, communautez et » premières compagnies de la dicte ville... ne feignirent plus à se dé- » clarer et manifester davantage. Entre autres Messieurs du parlement » demeurez à Paris, où le procureur général en iceluy fit une remon- » trance et harangue publique en pleine audience pour monstrer » qu'il ne falloit plus tarder à recognoistre le roy, et à se jetter entre » ses bras puisqu'il estoit catholique.» — Arrest de la cour de parlement de Paris du trentième jour de mars, extraict des registres du parlement, Angers, Antoine Hernault, 1594, in-12, pièce du temps, et Lestoile, p. 227 B. Dans son arrêt postérieur du 30 mars 1594, le parlement dit : « La Cour, ayant dès le douzième du mois de janvier » dernier, interpellé le duc de Mayenne de reconnoistre le roy que » Dieu el les lois ont donné au royaume. » 3