‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 517 sur 636 · LIV. IV. CH. II. CONFLIT DE MAYENNE ET DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. II. CONFLIT DE MAYENNE ET DU PARLEMENT

tous ceux qui le voudroient introduire en France. Ordonne que les qarnisons étrangères sortiront de la ville de Paris. Déclare son intention être de s'opposer de tout son pouvotr que le sieur de Belin abandonne la dite ville, ni aucuns bourgeois dicelle. À enjoint au prévôt des marchands de faire assemblée de Ville pour aviser à ce qua est nécessaire, et se joindre à la Cour, pour l’exécution dudit arrêt. Cessera la Cour toutes autres affaires jusqu'a ce que ledit arrêt soit entretenu et exécuté ‘. »

Par cette interpellation et cet arrêt, le Parlement mettait Mayenne en demeure de déposer la lieutenance-générale et de se ranger à son devoir de sujet. Mais le Parlement l'en pressait, quand maïtre encore de Paris et de la plus grande partie de la Ligue, 1l pouvait conclure la paix aux conditions les plus honorables et les plus avantageuses pour lui.

L'arrêt avait été rendu à une heure après midi. À cinq heures du soir, les bourgeois réunis en grand nombre se rendirent au logis de l’échevin Langlois 2. Le Vayer, référendaire en la chancellerie, porta la parole. Il remontra à Langlois la misère et les souffrances des habitants. Il lui dit qu’ils avaient présenté au Parlement une requête pour avoir une permission de s’assembler à la salle Saint- Louis ou à l’Hôtel-de-Ville, ou en tel lieu que l’on trouverait bon, afin de pourvoir à la nécessité du peuple qui n’en pouvait plus. Il ajouta qu'ils lui avaient déjà parlé de cette requête ; qu’il les avait toujours éconduits en leur disant qu'il ne fallait pas tant précipiter les

1 Extrait des registres du parlement aux dates des 12 et 14 janvier 1594. — Lestoile et son Supplément, p. 195 A, B, 201, 202. — Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 52.

? Langlois n’était alors qu'échevin : il était désigné pour devenir prévôt des marchands, et il le devint le 16 août suivant. C’est par anticipation que quelques historiens contemporains l’appellent prévôt des marchands.

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