LIV. IV. CH. II. VIOLENCES DE MAYENNE : NOUVEL ARRÊT DU PARLEM
là. Qu’en outre, il eût à leur déclarer s’il était Francais ou Espagnol. » Sous forme de reproche à Lhuillier, chaque parole était une accusation indirecte contre Mayenne ; une provocation au prévôt des marchands de tout oser et de tout entreprendre contre lui, avec l’assurance qu’il les trouverait en masse pour complices, pour auxiliaires, et pour défenseurs au besoin. La loyauté demandait que Von s’efforcat de persuader à Mayenne de traiter avec le roi; la bonne politique que l’on évitât un éclat, avant que tout fût mür et entièrement préparé pour se débarrasser de lui, s’il se refusait à la paix. Lhuillier le sentit, et sa réponse aux quarteniers fut dictée par une remarquable prudence. Pour écarter les soupcons du due, il leur dit qu'on devait à la qualité et à la charge de M. de Mayenne de lui exposer la nécessité qu'il y avait de faire une assemblée, et de lui demander l’autorisation de la convoquer. Pour témoigner aux bourgeois qu’au fond leurs sentiments étaient les siens, 1l ajouta qu'il s'était acquitté de sa prévôté, sinon comme il l’eùt voulu, au moins comme la nécessité le lui avait pu permettre; qu’il remplirait le devoir de sa charge en s’employant activement auprès du due de Maven pour obtenir la permission de faire une assemblée. Il termina en protestant bien haut qu’il n’était pas espagnol, qn’il ne le serait jamais, et que pour conserver la liberté du Français il y laisserait les biens et la vie. En les quittant, 1l se rendit auprès du duc, le pria, le pressa de céder à leur vœu !,
Aux interpellations et à l’arrèt du Parle aux demandes du peuple, représenté par la députition des bourgeois et par le corps des ofliciers, aux loyales et pressantes sollicitations de Langlois et de Lhuillier, Mayenne ne répondit que par une fin de non-recevoir absolue et
. 1 Pour ces deux paragraphes, Lestoile, aux 14 et 15 janvier 1594, p. 197, 198.