LA DÉPUTATION DES BOURGEOIS ET DES QUARTENIERS
choses ; mais qu'ils enduraient depuis six ans, et qu’à se plaindre au bout de six ans, il n’y avait pas de précipitation. Il supplia Langlois de leur prêter la main et de les assister en leur nécessité. L’un des bourgeois présents s’écria que le peuple souffrait beaucoup et trop; mais qu'on se moquait de lui. Qu’en conséquence ils étaient résolus de s’unir et de s’assembler pour signer de leur sang la requête qu'ils avaient signée de leurs seings. Langlois alla trouver le duc de Mayenne à sept heures du soir. Il lui raconta ce qui venait de se passer, le pria d’y donner ordre et d’y pourvoir plus tôt que plus tard, parce que le peuple remuait fort et qu’il y avait danger d’une sédition et d’un redoutable soulèvement. Il ne tira du duc que de vaines protestations, et l’avis avec menace qu'il se gardassent bien d’attenter à son autorité, car 1l la défendrait toujours, tant qu’il aurait une épée au côté.
Le lendemain 15, les quarteniers ou officiers de la garde bourgeoise se présentèrent de grand matin chez le prévôt des marchands Lhuillier. «Ils lui exposèrent avec force la misère du peuple ,.et le besoin qu’on avait d'y pourvoir. Ils se plaignirent que depuis qu’il était prévôt des marchands, on n'avait vu que daces et impôts ; qu’il n'avait jamais rien fait pour le soulagement du peuple, et qu’il n'avait été possible de le faire condescendre à une seule assemblée pour y pourvoir, quoique cela füt proprement de sa charge et de son office. Ils conclurent en disant : Qu'aujourd’hui gue la nécessité pressait tellement qu'ils étaient menacés par le peuple et qu'ils n'étaient en sûreté dans leurs maisons , ils revenaient de rechef vers lui, pour leur assigner jour et lieu où ils se pussent assembler. Qu'ils s’adressaient à lui, qui était prévôt des marchands, auquel comme père et protecteur du peuple, ils demandaient justice contre tous ceux qui le voudraient opprimer, et que c'était proprement sa charge que celle-