‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 522 sur 636 · MAYENNE SORT DE PARIS. AUTRES CIRCONSTANCES FAVORABLES · texte numérisé non relu

MAYENNE SORT DE PARIS. AUTRES CIRCONSTANCES FAVORABLES

tres hons citoyens. Tous ensemble, mais Langlois plus que personne , recrutèrent au roi, dans la garde bourgeoise, une armée entière prête à se Joindre à ses troupes et à les aider dès qu’elles se montreraient !.

Diverses circonstances favorisèrent l'exécution de l’entreprise. Mayenne se voyait exposé à la haine et à l’insurrection menaçante des Parisiens. Il était placé et pressé d’une part entre Meaux déjà rendu, et Pontoise qui traitait avec Le rot, et d’une autre entre Orléans et Bourges déclarés contre lui. La place n’était plus tenable. Il la quitta, sortit de Paris le 6 mars 1594, bien plus pour se soustraire à ces dangers, que pour s’aller mettre à la tête des forces ligueuses qui se rassemblaient autour de Soissons. Son départ laissa Le champ libre à ses ennemis. Le roi, qui de Chartres était venu à Saint-Denis, s’en éloigna le 17, conduisit son Conseil à Senlis, et par cette installation détourna les soupçons des ligueurs parisiens et des Espagnols, les jeta dans une sécurité qui leur devint fatale. Enfin, et rien ne servit plus le succès du parti royal, l’habile négociateur Saint-Luc gagna à force de concessions le nouveau gouverneur de Paris, l’infidèle et avide Cossé-Brissac. Les Espagnols regardaient Brissac comme un esprit borné, l’appelaient un bon homme. « Pour vous montrer, disait le duc de Féria, quel grand homme d’affaires c’est, un jour que nous tenions conseil, au lieu de songer à ce qu’on disait, 1ls’amusait à prendre

1 P. Cayet, L. vi, p. 564 A. « Il fut cognu lors que bien que le sieur » Langlois en ses déportements, n’eust faict aucun semblant de se » mesler d’affaires, allant tous les jours exercer sa charge au palais, » qu'il avoit d’un long temps et dextrement praticqué en tous les » quartiers de Paris nombre de personnes de toutes qualités, et que » cette entreprise réussiroit à bonne fin. — Ils advertirent le roy que » la nuict de l'exécution, le sieur comte de Brissac et les eschevins » Langlois et Neret se saisiroient avec leurs amis de la porte Neufve, » et de celles de Saint-Honoré, Saint-Denis et. Saint-Martin. » — Lestoile et son Supplément, p. 222 B, 293, 224 A, 229 B. | 04

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