LIV. IV. CH. 11 LES TROUPES DU RO] INTRODUITES DANS LA VILLE
dans divers corps de garde, ne voyant paraitre aucun ennemi, et convaincus qu’on leur avait donné une fausse alarme, regagnèrent leurs maisons. À trois heures, dans les divers quartiers, les Politiques prirent les armes, et commencèrent chacun à se rendre sans bruit aux postes qui leur avaient été assignés. Brissac commanda à un corps de garde établi près du logis du duc de Féria, de faire feu sur ceux qu’il y avait reconduits, s’ils essayaient d’en sortir. De là le gouverneur et Lhuillier, suivis d’une forte troupe de bourgeois, marchèrent à la Porte-Neuve et s’en emparèrent : Langlois se saisit en même temps de la porte Saint-Denis. Un peu au-delà de quatre heures du matin, Langlois fit abaisser la bascule, alla recon— . naître Vitry qui se présentait à la tête d’un détachement royal, lui livra la porte Saint-Denis, et selon lordre arrêté, occupa aussitôt avec lui les remparts. De leur côté, Brissac et Lhuillier ouvrirent la Porte-Neuve à Saint-Luc et aux soldats qu’il commandait, à de Vicet à 400 hommes de la garnison de Saint-Denis, suivis bientôt de d'Humières, de Belin, du capitaine Durolet et de leurs corps de troupes. À l’autre extrémité de la ville, dans le quartier Saint-Paul, le capitaine Grossier fit abaisser la chaîne qui traversait la rivière de l’Arsenal au quartier de la Tournelle : d’accord avec le sieur de la Chevallerie, lieutenant de l'artillerie, qui était maître à l'arsenal, il introduisit les garnisons de Corbeil et de Melun t. La première partie du plan arrêté se trouvait ainsi accomplie : les troupes du roi étaient dans Paris. L’invasion fut conduite d’après un plan savant de stratégie, et d’après les dispositions connues d’avance des chefs de quartier. Paris conservait encore alors ses trois
1 Mezeray, Grande histoire, p. 1076. — P. Cayet..l. vi, p. 564, 565. — Lestoile et son Supplément, p. 214, 215 B, 222 B.— Davila, 1. xiv, p. 478.