PREMIÈRES DISPOSITIONS DU PAPE. CONSÉQUENCES DE L'ABSOLUTION
courage de Sixte- Quint, partageait cependant son amour pour l'indépendance ; qu'il trouvait humiliant pour lui, déshonorant et dangereux pour l’Eglise que la papauté füt asservie à Philippe Il; qu'il espérait opposer la France pacifiée à l'Espagne, briser ainsi sa chaîne, se soustraire à l’indigne esclavage où le roi catholique avait retenu ses prédécesseurs. Aussi le premier mouvement du pape avait été de se conduire en père commun des fidèles à l'égard de Henri IV, aussitôt après son abjuration. À ses lettres, à ses avancés, 1l avait répondu en témoignant au duc de Nevers, par l’intermédiare du jésuite Poussevin, qu'il se Annee de la conversion du roi; qu'il était disposé à le recevoir dans le sein de ” l belise et à lui donner Pabsolution.
Le conséquence de l’absolution devait être de Te tous Les chefs de la Ligue, moins Mayenne peut-être, de pacifier le royaume, de ruiner les projets d’usurpation de l'Espagnol. Aussi Philippe IT mit-1il tour à tour en œuvre les menaces et la séduction pour empêcher le pape de laccorder. Toutes les relations contemporaines témoignent unanimement des moyens qu'il employa auprès de Clément VIIT. Nous reproduirons ici celle qui se trouve dans les mémoires du due de Nevers, ambassadeur de France à Rome, et qui a pour sta le duc luimême. Elle montre quel était véritablement le catholicisme de Philippe IF, de ses ministres, de ses partisans dans les diverses cours de l'Europe ; quelle conduite ils tenaient à l’égard des papes ; quel respect 1ls portaient à leur caractère et à leur autorité ; quel usage 1ls faisaient de la religion ; à quel point ils se jouaient de ce que les hommes ont de plus saint et de plus sacré. Elle dévoile en outre les secrets ressorts de la politique espagnole, son intervention dans les affaires des pays voisins : enfin elle fait connaître admirablement les intérêts géné-