LIV. {V. CH. I. DEMANDE D ABSOLUTION AU PAPE
Rome et dans le conclave de Phihppe IT et de la faction espagnole. Placé comme eux entre le royaume de Naples espagnol, le Milanez et la Franche-Comté espagnols, il s'était vu incessamment pressé et menacé par les forces et les armées de son redoutable voisin, et il avait eu de plus à compter avec lui, pour les subsistances de Rome. Entré dans ces relations de gratitude obséquieuse et de dépendance à l'égard du roi d'Espagne, il s’était trouvé dans des rapports en quelque sorte forcément hostiles avec le roi de France. De plus il avait partagé ardemment les répugnances, ainsi que les appréhensions pour la sûreté du catholicisme, que l’hérésie. du roi inspirait à la partie honnête mais prévenue de l’Union, à la Ligue française. Dans ces dispositions, il s'était porté pour l'ennemi pro-— noncé de Henri en 1592 et 1593. Nous avons vu !, qu'au début de son pontificat, il ne le qualifiait dans ses bulles que de tyran hérétique ; qu’il déléguait en France Séga, évêque de Plaisance, pour le combattre ; qu'il laissait sans opposition ce légat travailler de tout son pouvoir dans les États de la Mioree à l'élection d’un roi, compétiteur de Henri IV, sous ne direction de ministres espagnols, conformément aux vues et aux projets de Philippe IT. La conversion de Henri avait changé les dispositions de Clément VIE I n'avait plus rien à redouter pour la toi orthodoxe et pour l'autorité du St-Siége, d’un prince passé dans les rangs des catholiques et faisant offre de rendre au pape toute soumission et tout honneur : loin de à, Henri devait replacer sous son entière obédience ces Parlements, ce clergé gallican, que la nécessité de défendre l’indépendance du pays, de maintenir l'autorité royale, et non le libertinage d’esprit, le penchant à la Réforme avaient aliénés et éloignés de la cour de Rome, Ajoutez que Clément VITE, sans avoir l’énergie, le mâle
1 Livre 11, ch. 6, p. 326 de cette histoire.