SÉDUCTIONS EMPLOYÉES PAR PHILIPPE II AUPRÈS DU PAPE
ses priviléges et libertés anciennes, les débat. Ce qu'il ne pourra faire, pour ètre divisé en mille parts et sous la domination de divers princes, de la volonté desquels les dites parts dépendront ; et n’aura plus la force ledit clergé de débattre ses dits priviléges comme il a fait, s’opposant à plusieurs ordonnances, décrets et canons des papes. Que l'autorité du rot étoit aidée et supportée de deux autres corps non moins forts, à savoir la Sorbonne de Paris et lés cours de Parlement de France. Que les Parlements ne pourront plus s’entremettre de corriger ou retrancher les facultés des papes et légats; car le Parlement n’aura plus ses autorités passées, voulant chacun seigneur avoir le sien. Quant à la Sorbonne, elle sera ruinée et ira par terre, parce qu’étant composée de docteurs de toutes les provinces de France, et partant représentant tout le corps du royaume, la ville devenant franche à elle-même, les autres villes et seigneurs ne lui voudront déférer ce privilége, ni la reconnoître en aucune chose. De manière que l'autorité du clergé, du Parlement, de la Sorbonne, s’en iront en fumée, avec les priviléges et libertés de l’'Église gallicane; et sera le Pape reconnu et obéi de tous sans contredit et sans difficulté 1. »
On peut donner pour contrôle aux assertions du duc de Nevers, seigneur du parti du rot, les assertions de La Chastre pendant si longtemps l’un des principaux consellers de Mayenne, et initié en cette qualité à tous les secrets du parti de la Ligue et de la cour de Madrid. La Chastre confirme de point en point, dans son discours du 17 février 1594, les allégations du duc de Nevers. Comme lui, 1l représente le pape en butte aux menaces et aux violences de Philippe IT, ne pouvant plus ni agir, ni
2 Les intimidations qui furent faites au pape Clément VIIT par le duc de Sessa, dans les Mém. du duc de Nevers, t&. 11, p. 716, 717, infolio. Nous n’avons changé que l'orthographe.