‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 555 sur 636 · LIV. IV. CH. 1II. LE PAPE REFUSE DE RATIFIER L’ABSOLUTION · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. 1II. LE PAPE REFUSE DE RATIFIER L’ABSOLUTION

et Clément VIT aussi bien que personne, qu'entre les catholiques de France qui ne poussaient pas le respect pour la papauté jusqu’à l’ultramontanisme, nul n était plus sincèrement dévoué que le duc au St-Siége. Ces discours ne purent cependant m1 fléchir le pape, m1 changer sa résolution. Les menaces du roi catholique l’avaient ébranlé ; ses raisonnements captieux, la perspective qu’il lui avait présentée d’un accroissement d’autorité par le démembrement de la France, l'avaient séduit; l’idée que les forces combinées de l'Espagne et de la Ligue, alors presqu’intactes encore, parviendraient en peu de temps à ruiner et à renverser Henri, l’avait déterminé et fermement arrêté dans la résolution de refuser l’absolution. Davila, partout favorable dans son livre au St-Siége, ne laisse pas ignorer la raison déterminante du pape : au sujet de ambassade et de l’insuccès du duc de Nevers, il dit en propres termes : «Le duc de Nevers s’aperçut que le pape ne montroit tant d’inflexibilité que parce qu'il doutoit des forces du roi, et s’imaginoit que les ligueurs catholiques joints au roi d’Espagne, étoient en état de l’accabler. » De Thou rend à cet égard pareil témoignage et s'exprime presque dans les mêmes termes ‘. En conséquence Clément VIIT congédia le duc de Nevers le 15 janvier 1594, en maintenant jusqu’au bout ce qu'il avait annoncé dans le consistoire le 28 décembre 1593, qu'il refusait au Navarrois l’absolution dans le for intérieur de la conscience , l’absolution dans le for extérieur, sa réhabilitation, et par conséquent le caractère et l'autorité nécessaires pour commander à ses sujets 2. La Ligue

1 Davila, 1. x1V, p. 451. — Thuanus, 1. cxinr, $. 21, t. v, p. 518. « Missus ad pontificem, cum Cenomanensi episcopo et Parisiensi de- » cano, Nivernius fuerat, rogatum ut reconciliationem ratam haberet. » Ferventibus adhuc fæderatorum rebus, et prævalente Romæ Hispana » factione, repulsam passus. »

2 Pour les cinq paragraphes précédents, voir 1° Le discours de ce

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