‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 554 sur 636 · RAISONS ET PRIÈRES DU DUC DE NEVERS · texte numérisé non relu

RAISONS ET PRIÈRES DU DUC DE NEVERS

conséquences du refus dans lequel il s’opiniâtrait. «Il » craignait, lui dit-il, qu'il ne fût remis en avant et peut- » être embrassé certain règlement qui avait été ci-devant » dressé touchant l’expédition des bulles !, pour être gardé » par forme de provision et jusqu’à ce que Grégoire XIV » eùt adouci sa rigueur et sévérité à l’endroit du roi et de » tant de bons catholiques qui le servaient, et qu’il füt » délivré du très-pernicieux conseil espagnol qui le dé- » tenait enveloppé, et lui faisait faire ce qu’il voulait. Il » ajoutait que ce règlement pour lors avait été rejeté par » l’avis de plusieurs personnages d'honneur sur l’espé- » rance que l’on avait prise que Sa Sainteté embrasserait » la paix de la France. Que cette espérance étant perdue » par son retour, s’il ne rapportait de Rome que des refus, » serait cause de faire maintenant effectuer ce règlement, » chose qu'il reconnaissait fort bien qui apporterait » beaucoup de déplaisir à Sa Sainteté, et de grands dé- » sordres en l’Eglise , lesquels, en son particulier, lui » faisaient hérisser les cheveux , et trembler le cœur à y » penser seulement... Que la réponse négative du pape » pour tout certain mettrait au désespoir beaucoup de » personnes ; pour lui, qu’il souhaitait s'être rompu une » jambe avant son partement de France, afin de n’être » réduit à y porter une réponse si étrange, considérant » de scandale ci-devant advenu en Allemagne et ailleurs, » pour les occasions que chacun sçcavoit ?. » |

Ces vives paroles qui montraient la France royale hésitant entre un schisme et une rupture complète avec la Cour de Rome par l’adoption de la Réforme, avaient double force dans la bouche du duc de Nevers : en effet, chacun savait,

1 J1 s'agissait des bulles par lesquelles les papes devaient confirmer les nominations faites par le roi aux archevêchés, évêchés, abbayes.

2 Discours de ce que fit M. le duc de Nevers à son voyage de Rome

en l’année 1593, dans ses Mémoires, t. 11, p. 428, 499. Nous ne changeons que l'orthographe.

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