‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 557 sur 636 · LIT. IV. CH. II. LES LIBERTÉS GALLIC. MAINTIENNENT L'ORTHODOXIE · texte numérisé non relu

LIT. IV. CH. II. LES LIBERTÉS GALLIC. MAINTIENNENT L'ORTHODOXIE

pape; que si les archevèques et évêques refusaient d’en donner, les Parlements du royaume décideraient et pourvoyeraient. On agitait en outre de nouveau les mesures à prendre à l’égard de la cour de Rome, si elle continuait à troubler toute la discipline et l’administration de l’Église nationale, et à conjurer contre le royaume avec ses ennemis. On parlait publiquement de rompre les liens qui nous attachaient à elle, d’élire un patriarche des Gaules héritier des prérogatives du pape : l’on désignait déjà l'archevêque de Bourges, primat, comme successeur éventuel de la succession que les désastreux refus de Clément VIIT allaient peut-être ouvrir. En outre, plusieurs hommes d’État craignaient, avec le duc de Nevers, que le schisme devint pour la France un premier pas vers une séparation plus tranchée.

Ces faits donnent beaucoup à réfléchir et appellent les observations. En 1589, Henri IV; réconcilié avec Henri IIT quelques mois avant l'assassinat de ce prince, le voyant trembler à l’idée des excommunications lancées contre eux par Sixte-Quint, lui disait : « Soyons vain— queurs et nous serons absous : vaincus, nous serons aggravés et réaggravés. » En 1594, Clément VIII refusait à Henri IV l’absolution et la réhabilitation, parce qu'il le jugeait plus faible que la Ligue et l'Espagne coalisées. Les arrêts rendus par la première puissance morale de l’Europe, les anathèmes lancés ou maintenus par les papes, restaient donc encore fatalement enchaïnés au degré de force des souverains étrangers, suivaient les hauts et les bas de la fortune de ces princes. Les papes n'étaient pas rentrés dans leur admirable rôle de médiateurs désintéressés, tantôt entre les rois rivaux, tantôt

1 Thuanus, L. cxvi, 8 18,t. v. p. 623. — Mezeray, Grande Histoire t. I, p. 1145. « Le duc de Nevers avoit dit en partant de Rome que » que l’on n’y enverroit plus. »

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