CE REFUS N’ARRÊTE PAS LA DÉFECTION DANS LA LIGUE
entre les rois et les peuples, donnant au droit l’appui de la religion et de leur autorité. Si la France, injustement traitée, n’alla pas avec la cour de Rome jusqu'aux dernières extrémités que redoutait le duc de Nevers; si elle se contint dans une interruption momentanée de rapports et dans la menace d’un schisme, au lieu d’embrasser la Réforme, comme tant d’autres États de l'Europe, c’est que ses rois et ses Parlements avaient alors dans les franchises nationales, qu’on nommait les Libertés gallicanes,
des recours contre les abus de la puissance Ébtone,
des moyens de protection pour tous les grands intérêts du pays.
Les faits accomplis à Rome furent promptement con-: nus en France, par les deux Mémoires que le duc de Nevers publia à son retour, au milieu du mois d'avril 1594 !. La conduite du roi, la conduite du pape, justement appréciées par le bon sens public, non seulement dans le parti de Henri, mais dans la portion la plus éclairée et la plus considérable de l’'Umion, dictèrent aux peuples les résolutions qu’ils avaient à prendre. Le défaut d’absolution du roi pouvait encore armer contre ses jours quelques furieux poussés par les stipendiés de l’Espagne, auxquels sa clémence épargnait l’exil et le supplice; retenir sous . le drapeau de l'insurrection la minorité des populations imbue des maximes ultramontaines. Mais cette raison religieuse ne pouvait plus balancer les raisons politiques qui poussaient les villes et les seigneurs de la Ligue française à désarmer, qui précipitaient les soumissions, comme le témoigne Cheverny ?. Les gouverneurs con-
1 Lettre du roi du 16 avril, dans les Lettr. miss., t 1v, p. 139. Ces Mémoires sont les écrits que nous avons eu l’occasion de citer cidessus très souvent : 1° Discours de ce que fit M. de Nevers à son voyage de Rome en l’année 1593. 2 Discours de la légation de M. le duc de Nevers.
2 Cheverny, Mém., t. x de la Collect., p. 533.