‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 567 sur 636 · NOUVEAUX RAPPORTS DE PHILIPPE 11 AVEC MERCŒUR ET MAYENNE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX RAPPORTS DE PHILIPPE 11 AVEC MERCŒUR ET MAYENNE

tenir de leur bon vouloir et de leurs votes dans la tenue des Etats de 1593

Philippe et ses ministres approprièrent sans délai les moyens d'exécution aux résolutions prises. Dès lors les armes du roi catholique ne vinrent plus en aide aux chefs de l’Union, que quand 1l s’agit de traverser Les progrès de Henri, dans l'intérêt évident de l'Espagne. Les villes délivrées par les secours de l'Espagne, ne durent pas rentrer sous l'autorité de Mercœur et de Mayenne, comme cela avait eu lieu pour Paris et pour Rouen, mais passer sous la loi de Philippe. Enfin toutes les mesures prises par le cabinet de Madrid tendirent à affaiblir incessam— ment les deux chefs principaux de la Ligue. Dans les premiers mois de 1594, Philippe envoya un nouveau corps de deux mille soldats en Bretagne, ce qui porta à six mille le nombre des Espagnols dans cette province. Aussitôt après, 1! déclara l’infante Claire-Eugénie du-chesse de Bretagne, fit traiter toutes les affaires, administrer tous les services publics sous.son nom, par des officiers espagnols, partout où ses soldats dominaient ?. Philippe empiétait bien ainsi sur Henri, mais 1l ôtait tout à Mercœur, dont le duché de Bretagne avait été la constante ambition ; 1l le réduisait à rien. Il procéda avec une hostilité aussi active contre Mayenne : il lui débaucha le plus qu’il put de villes et de chefs. Il attira à son service de Rosne, le meilleur capitaine de la Ligue, en lui assi- gnant une pension annuelle de 54,000 livres du temps ;

1 Davila 1. x1v, p. 490, 492. — La relation contemporairñe dans P. Cayet, L. vi, p. 473 B. « Le roy d’Espagne devoit fournir à l’archi- » duc Ernest tant de gens, d'argent et de munitions, que Île bruit » cominun estoit qu'il feroit accorder par force à ceux du party de » l'Union en France de luy donner la couronne des Francais, en es- » pousant l’Infante d'Espagne, ce que les Espagnols n’avoient pu ob- » tenir d’eux de bonne volonté. »

2 Lettres missives, à la date du 17 mars, t. IV, p. 117.

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