INSUFFISANCE DE SES FORCES POUR L’INVASION
hirent complétement ses intentions et ses projets. L'armée employée contre la Hollande fut contrainte de lever le siége de Coevorden, et laissa prendre Groningue, capitale de la province du même nom, par le prince Maurice. L'armée rassemblée contre la France, et conduite par le comte de Mansfeld, après s’être saisie sur nos frontières d’une seule place, et d’une place peu importante, la Capelle en Tierache (9 mai 1594), se trouva hors d’état de tenir tête aux troupes royales dans les opérations qui suivirent !. Ainsi tous les calculs faits, toutes les mesures prises par Philippe pour affaiblir la Ligue et s’élever sur ses ruines, n’eurent d'autre résultat que de rendre Mayenne et l'Union plus incapables de soutenir la lutte contre le roi, et de favoriser les progrès de ce prince. Henri suivait, observait avec vigilance les préparatifs de l'Espagne, et mesurait en même temps les ressources * de Mayenne *. Il jugea qu’il devait précipiter les attaques ; que la guerre lui donnerait des avantages égaux à ceux que sa conversion et les dispositions des peuples lui avaient assurés jusqu'alors ; qu’elle déciderait la révolution déjà commencée en Champagne et en Picardie. La forte place de Laon, qui dépendait alors de la Picardie, était devenue, depuis la réduction de Paris, la capitale de la Ligue. Henri en résolut le siége, malgré les avis contraires du nouveau maréchal de Biron et du duc de Nevers, qui considéraient l’entreprise comme au-dessus des ressources militaires du roi. Il commenca les attaques de la place le 25 mai. Fidèle au principe qu'il avait suivi depuis Arques, convaincu de la supériorité qu’assurait
__ 1 P. Cayet, L. vi, p. 579, 582-584. — Thuanus, 1. cIx, $ 9, 10, t. v, p. 360, 365-365. :
2 Lettre missive du 4 inars, t. 1v, p. 105. « Les forces de nos enne- » mys ne sont telles en nombre ny sitost prestes pour entreprendre » quelque chose en notre royaume, »